ASpaceMR

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Reposez-vous dans les étoiles

Phil_Goud & Redscape

Contes, légendes et faits scientifiques se rencontrent dans cette ballade spatiale écrite, racontée et mise en musique pour vous reposer et pourquoi pas vous endormir. Nul besoin d'être féru d'astronomie ou de sciences, laissez-vous simplement guider.

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Premières observations

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Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records
  • “10” bvdub (Yours Are Stories Of Sadness) 2016 Self Released
  • “Morning Drops - Part 1” I AWAKE feat. BJÖRN BERGLUND (Mahiane - Oxycanta III) 2013 Ultimae Records

Artistes

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Texte de l'épisode

Introduction

Salut !

Si tu as lancé la lecture, c’est parce que tu veux te détendre ou peut-être que tu n’arrives pas à t’endormir… alors on va se mettre en condition tout d’abord.

Idéalement, allonge-toi confortablement, n’hésite pas à bouger si besoin mais surtout garde les yeux fermés.

Installé ? parfait. on va faire une respiration calme, toujours les yeux fermés.

Inspire... Expire...

On va planter le décor ensemble, je te guide et toi tu crées le monde autour de toi.

Imagine toi au sommet d’une colline. C’est la plus haute des environs. Autour de toi, que de la verdure, et en contre-bas un paysage vert et vallonné
Au loin un village dont tu aperçois à peine quelques fenêtres allumées.

Le soleil s’est couché depuis quelques heures maintenant, la nuit est douce, calme, il fait bon et tu es seul, bercé par les bruits rassurants de la nuit.

Essaye d’imaginer les odeurs des plantes autour de toi. Avec l’humidité de la nuit, les plantes diffusent un parfum agréable.

Profitons-en un instant…

On est bien ici, non ?

On va profiter ensemble de ce moment de détente pour voyager dans l’espace, je vais te raconter tout ce que je sais sur l’univers et te conter quelques légendes plus ou moins connues.

Si tu t’endors, tant mieux, mais dans tous les cas je te promets que tu ne vas pas t'ennuyer et que tu vas pouvoir te vider un peu l'esprit de tout le stress de la vie.

Tu verras, l’espace c’est fascinant.

Oh, on ne va pas rentrer dans des détails techniques complexes, non. Pas besoin d’être un scientifique pour apprécier le grandiose.

Peut-être as-tu peur de casser la magie apprenant ce qu’il y a dans le ciel ? Je te promets qu’au contraire, je n’ai jamais trouvé ça plus féerique que depuis que j’ai appris tout ce que je vais te transmettre.
On passe de trouver le ciel magnifique à … non je n’ai pas de mot. Et tu n’en auras pas non plus, mais tu auras des étoiles dans les yeux.

En plus, je me doute que tu as plein de questions dont tu ignorais complètement la réponse, voir même, des aspects du ciel dont tu ne t’es jamais douté.

Alors laisse-toi juste guider par ma voix, on part en voyage.

Posons les bases

Tu es toujours sur ta colline, hein ? Parfait.

Lève les yeux vers le ciel et admire les étoiles au-dessus de toi.

Comme on est loin de la pollution lumineuse de la ville, le ciel ne t’a jamais paru aussi rempli d’étoiles.

Le contraste est saisissant. un fond de ciel plus noir que jamais et des étoiles plus nombreuses que tu ne pourrait en compter.

Comme tu es en hauteur, le ciel s’étend jusqu’à l’horizon tout autour de toi et forme cette coupole scintillante.

Combien d’étoiles penses-tu voir ? Des milliards ? des millions ?
Les bons logiciels d'astronomie amateur recensent dans notre ciel environ 10.000 étoiles « visibles à l'œil nu ».
Mais les estimations du nombre d'étoiles que l'on peut distinguer, depuis chacun des hémisphères de notre planète et sans utiliser d'instrument, tournent plutôt autour de 3.000.

Ce qui n’est qu’une infime partie des 200 milliards d'étoiles que contient notre galaxie, la Voie lactée. Et ne parlons même pas du million de milliards de milliards qui sont censées peupler notre univers !

Est-ce que tu sais qu’il n’y a pas que des étoiles dans le ciel ?

De la même manière que l’on dit que tout ce qui brille n’est pas de l’or, tout ce que tu vois dans ce ciel et qui brille n’est pas une étoile.

Enfin, étymologiquement, si, puisque étoile vient de stella, qui désigne ce qui brille.

Mais d’un point de vue astronomique, ce n’est pas parce que c’est dans le ciel et que ça brille, que ça veut forcément dire que c’est une étoile.

Déjà, si tu vois une étoile filante, fais un vœux, mais sache que cela n’a rien à voir avec une étoile.

Les étoiles

Mais c’est quoi une étoile, au juste, astronomiquement parlant ?

Les étoiles, c’est des corps céleste plasmatique qui rayonnent leur propre lumière par réactions de fusion nucléaire. En des termes plus simple : c’est de la matière qui, sous son propre poids écrase les atomes et les transforme en d’autres éléments, plus lourds.

Elles sont les usines de l’univers. Elles transforment les atomes d’hydrogène en des atomes de carbone, de fer.. de tout en fait.
Tous les atomes qui sont autour de nous, qui composent les objets qui nous entourent et la planète sur laquelle nous vivons.

Dans la fabrication de ces éléments, sous une pression et des températures absolument hallucinantes, elles dégagent de l’énergie sous la forme d’ondes électromagnétique, donc de la chaleur, de la lumière, des UV… Mais rassurez-vous, vous n’attraperez pas de coup de soleil la nuit.

Lorsque la matière à fusionner s’épuise, la plupart ne s’éteignent pas paisiblement : la plupart gonflent et explosent comme une gigantesque bombe cosmique. On appelle ça une supernova.
Elles laissent alors derrière elles un gigantesque nuage cosmique de matière transformée qu’on appelle nébuleuses.

Ces grands nuages servent alors de matière première à la création d’une ou plusieurs nouvelles étoiles.

Parfois, autour de ces étoiles naissantes, la poussière se met à tourner assez vite pour ne pas y être aspirée. Si elle est suffisamment dense, la matière se regroupe et forme des corps rocheux ou gazeux qui attirent à eux de la poussière comme le ferait une boule de neige et cela forme ainsi les planètes.

Nous, les animaux, les plantes, le sol qui nous porte et l’air que l’on respire a donc un jour été créé au sein d’une étoile.

Tout n’est que poussière d’étoile.

Les planètes

Parmi les points lumineux, il y a aussi certaines planètes qui sont observables à l’oeil nu. On a vu tout à l’heure que les planètes sont des corps qui tournent autour d’une étoile.

On les distingue dans le ciel car elles ont souvent une couleur particulière, Vénus est blanche, mais Mars est rouge, par exemple. Elle ne scintillent pas, non plus, contrairement aux étoiles.

Elles font toutes partie du système solaire, avec au centre, notre étoile : le soleil.
D’ailleurs, le soleil c’est la seule étoile que l’on voit en plein jour !

Pourquoi le nom “planète” ? Cela signifie en grec “astre errant” ou “vagabond”, car par rapport aux autres étoiles qui semblent fixes, ces astres se déplacent sur la voûte céleste. Vous ne les verrez pas se déplacer à l’oeil nu, mais d’un mois à l’autre, elle ne seront pas exactement au même endroit.

C’est de l’observation de leur déplacement qu’a pu d’ailleurs émerger la conclusion que la Terre et nous n’étions pas au centre d’un système mais bien juste l’un des corps orbitant autour de notre cher Soleil.

Mais nous parlerons un peu plus en détail des planètes plus tard.

Les étoiles filantes

Ici, on est encore plus loin des étoiles, ou plus près de nous.

Les étoiles filantes sont des débris spatiaux, de la poussière ou de minuscules cailloux qui foncent dans notre atmosphère à toute vitesse et, sous les frottements de l’air sur eux, montent en température et y brûlent faisant briller l’air autour d’eux.

Si ces étoiles filantes étaient plus grandes et venaient à ne pas se consommer en entier avant de toucher le sol, on appellerait ça des météorites.

Leur origine peut varier : débris liés aux humains (même si c’est rare), tout petits astéroïdes (là aussi c’est rare) ou encore des restes laissés par le passage d’une comète.

Un exemple bien connu dans l’hémisphère Nord est le moment entre le 23 juillet et le 20 août, où la Terre traverse un nuage constitué de débris de la comète Swift-Tuttle et dont la taille est comprise entre celle d'un grain de sable et celle d'un petit pois.

Puisque les traînées de la pluie d'étoiles filantes semblent provenir de la constellation de Persée, leur nom est devenu « Perséides ».

Flash iridium, ISS et avions

Si parmi les points lumineux, vous voyez un jour un flash unique, vous n’avez peut-être pas eu une illusion. Certains satellites peuvent, avec leurs panneaux solaires, refléter un court instant la lumière du soleil.

De même, un satellite énorme et connu peu parfois être distingué : la station spatiale internationale. Le mobilehome spatial de l’humanité qui fait le tour de la planète toutes les 90 minutes environ.

Enfin, si vous voyez passez une lumière qui clignote et traverse le ciel à vitesse régulière… c’est très probablement un avion !

Prends donc le temps d'admirer la beauté qui s'offre à toi. Perds ton regard dans cet océan de lumières.

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La Lune

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Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Beyond Infinite” Ocoeur (A Parallel Life) 2014 n5MD Records
  • “Drowning In Darkness” T-N (V/A Snowflakes IV) Raumklaug Music
  • “Golden Times I” Ben Lukas Boysen (Golden Times I EP) Erased Tapes Records

Les artistes

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Texte de l'épisode

Avec les étoiles, les planètes, les étoiles filantes, le satellites et les avions, On a à peu près listé tout ce que l’on peut apercevoir dans le ciel… sauf son objet le plus visible et le plus facile à apprécier : La lune, compagne fidèle de la Terre, symbole de la nuit.

Généralités

Qu’est-ce que c’est exactement ?
D’où vient-elle et pourquoi ne voit-on pas son côté obscur ?
Alors déjà un premier point : il n’existe pas de côté obscur de la lune.

Il y a un côté qui nous est impossible à voir depuis la Terre, mais le côté opposé est autant éclairé que celui qui nous fait face. Lorsque la lune nous présente un fin croissant, c’est d’ailleurs précisément parce que c’est l’autre côté qui est majoritairement éclairé.

Mais alors pourquoi la lune ne semble pas tourner sur elle-même ?
C’est tout simplement parce que pour chaque rotation autour de la Terre, elle effectue aussi exactement un tour sur elle-même. Mais cela n’a pas toujours été le cas. C’est un phénomène qui a mis des milliards d’années à se produire, petit à petit. et cela est lié aux marées.

Vous savez que c’est la lune qui est responsable des marées ? Son attraction, sa gravité, imperceptible pour nous, lorsqu’elle est appliquée sur toute l’eau des océans, tire l’eau en direction de la Lune et en faire monter le niveau.

En réalité, elle n’attire pas que l’eau, mais déplacer un liquide demande bien moins de force que, par exemple, la croûte terrestre.

Et bien, il faut savoir que la Terre crée aussi des marées sur la Lune. Forcément, comme il n’y a pas d’océans, il n’y a pas de niveau d’eau qui monte, mais la surface de la Lune est un peu plus bombée du côté de la Terre.

Lorsqu’elle tournait plus vite sur elle-même, cette bosse se déplaçait tout autour de la Lune. Cette bosse, avec la rotation de la lune, avait toujours un petit décalage qui tirait légèrement la lune dans le sens inverse de sa rotation, et cela a fini par bloquer la Lune dans une certaine orientation par rapport à la Terre.

Alors, oui, il y a aussi le même phénomène qui se produit au niveau de la Terre. Sa rotation est aussi ralentie par la Lune, mais sa masse est telle que la Lune ne sera probablement jamais bloquée dans le ciel… en tout cas, pas avant que le Soleil ne s’éteigne.

Origine

Mais d’où vient-elle la Lune ? Est-ce une planète capturée par la Terre lors de la formation du système solaire et qui s’est mise à tourner autour d’elle ? En partie, oui, mais en bien plus violent.

Suite aux missions Apollo, et à l’analyse des roches rapportées de la Lune, on s’est aperçu qu’il s’agissait de roches similaires à celles présentes sur Terre.
Si nous n’avons pas de réponse définitive, nous avons néanmoins une théorie qui fait consensus au sein de la communauté scientifique.

Il y a 4,5 milliards d'années, lorsque le système solaire était toujours en train de se former, et environ 100 millions d'années après la formation de la Terre, la poussière de la nébuleuse originelle avait presque fini de s’agglomérer en planètes.

Mais il y a avait une planète naine, Théia, un peu plus petite que la Terre, presque de la taille de Mars, soit 6 500 kilomètres de diamètre, qui avait une orbite très proche de celle de la Terre.

A force de se frôler, la gravité les a attirées l’une vers l’autre et elles se sont percutées à 40 000 kilomètres par heure.

De cet impact titanesque, il reste deux aspects encore présents aujourd’hui : l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre à l’origine des saisons et bien sûr... la Lune !

Lors de la collision, des tonnes et des tonnes de matière ont été éjectées du cratère. La Terre était heureusement à peine formée, était encore une boule de magma en fusion et elle a vite retrouvée sa forme sphérique.

Cette matière éjectée est en partie retombée et continue de former notre planète, mais une quantité importante est restée en rotation autour de la Terre.

Pendant cette période, la Terre avait donc un anneau roches et de poussières. Imaginez un peu un anneau barrant le ciel, ça devait être magnifique.
On n’aurait pas survécu 5s à la surface de la terre à l’époque, hein, mais on peut toujours l’imaginer.

A la manière d’un système solaire miniature, les plus gros blocs ont attiré les plus petits et se sont agglomérés entre eux pour former une boule, notre Lune.

Légendes

Évidemment, un astre aussi visible a son lot de légendes et de mythes qui l’accompagnent.

En général, elle est représentée comme une version nocturne du Soleil, et dans la majorité des cultures, ils forment tous deux un couple homme/femme.

Au Bénin par exemple, La Lune, Mawu, incarne le féminin.
Elle est la déesse de la Nuit, de la sagesse, et de la connaissance.
Le Soleil, Lisa, représente quant à lui le principe masculin. Il contrôle le déroulement des jours, et détient la force et le pouvoir qui soutient le monde.
Lorsque Mawu et Lisa s’accouplent, une éclipse se produit dans le Ciel.
Tous deux sont ainsi à l’origine du monde, ils sont les créateurs des Dieux et de l'humanité, également vus comme les 2 facettes d'un seul et même Dieu.

Au japon, c’est l’inverse :
Tsuki-Yomi, Dieu de la Lune, vivait dans ciel avec sa soeur Amaterasu, Déesse du Soleil.
Un jour elle l'envoya en ambassadeur auprès de Uke-mochi, Déesse de la nourriture, pour participer à un merveilleux repas. Mais quand Tsuki-Yomi vit que la nourriture qui lui était servi provenait de la bouche et du nez de la Déesse, il fut si dégoûté qu'il la tua sur le champ.
Fâchée contre lui, Amaterasu ne voulut plus jamais le revoir. Dès lors, les deux enfants d'Izanagi, co-créateur du monde et du Japon, vivent en alternance dans le ciel, expliquant la succession du jour et de la nuit.

Mais il y a aussi des mythes expliquant les formes que nous pouvons distinguer sur la surface lunaire.
Ma préférée est une ancienne légende amérindienne qui explique pourquoi on peut voir la forme d’un lapin :

Elle raconte qu’il y a bien longtemps, vivaient un lapin, un renard et un singe.
C’était de très bons amis et ils étaient inséparables. Un jour qu’ils se promenaient dans la forêt, ils virent soudain au détour d’un sentier un mendiant allongé sur le sol.
Après un instant d’hésitation, les trois amis s’approchèrent prudemment de lui. Mais l’homme restait allongé et immobile.

Arrivés près de lui, le singe , le plus téméraire des trois animaux, s’adressa à lui: « Que fais-tu ainsi couché sur le sol, au beau milieu de la forêt »? Le mendiant ouvrit péniblement un oeil et bredouilla quelques paroles: « … cela fait des jours et des jours que je n’ai plus rien avalé… je suis à bout de force…aidez-moi…s’il vous plaît… ».

Après s’être concertés, les trois amis décidèrent de partir à la recherche de nourriture afin de venir en aide au mendiant. Le singe partit prestement dans les arbres et revint vite les bras chargés de baies et de fruits fraîchement cueillis. Le renard partit chasser des oiseaux et pêcher des poissons qu’il fit cuire avant de les donner au mendiant. Mais le pauvre lapin, ne sachant ni grimper aux arbres, ni cueillir de fruits, ni chasser ou pêcher, revint bredouille auprès du mendiant et de ses deux amis. Attristé de ne rien pouvoir donner au mendiant, il décida de lui offrir sa propre chair et se jetta dans le feu qu’avait allumé son ami le renard.

Voyant cela, le mendiant leur révéla alors sa vraie nature: il était le dieu Indra, dieu de l’Étendue Illimitée du Ciel, Maître de la pluie et des saisons. Emu par ce don de soi, il adopta le lapin et le ramena avec lui sur la lune.

Depuis cette époque, en regardant attentivement la lune, il est possible d’apercevoir ce lapin.

Conclusion

De nos jours encore on lui attribue des effets sur nos comportements, les naissances (voire l’agitation des enfants).

A chaque pleine lune, les articles sur le sujet pulluent un peu partout.

On peut régulièrement lire, que nous mettrions 5 minutes de plus à nous endormir, passerions une nuit raccourcie de 20 minutes et aurions un sommeil plus agité…

Ce qui est certain c’est que la Lune a contribué à la vie sur terre telle qu’elle est aujourd’hui. Sans les saisons par exemple, rien ne dit que la vie aurait été possible.

Alors regarde la lune et dis-toi que sans elle, nous ne serions peut-être pas là.

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Le couvercle de la Terre

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Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Parabolic View” Martin Nonstatic (Ligand) 2017 Ultimae Records
  • “Isolation” Warmth (Home) 2017 Archives
  • “Stasis Eject” 36 (Pulse Dive) 2015 3six Recordings
  • “Comet” Christopher Willits (Horizon) 2017 Ghostly International

Les artistes

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Texte de l'épisode

Éclairé par la lumière de la Lune, le paysage autour de toi semble comme endormi. les lumières du village en contrebas se sont toutes éteintes.

Pour avoir la meilleure visibilité possible sur la voûte céleste, imaginons que nous sommes lors d’une nuit sans Lune.
Un petit peu de concentration, hop, on l’enlève et on peut admirer encore mieux les étoiles.

Il ne reste plus au-dessus de toi que ce dôme brillant, ce couvercle de la Terre, comme le nommaient les anciens.

La voûte céleste

Tu sais que les étoiles bougent dans le ciel tout au long de la nuit ?
En tout cas elles donnent l’illusion de bouger.

Certaines se lèvent à l’est et se couchent à l’ouest comme le Soleil semble le faire aussi, d’autres étoiles ne se couchent jamais et semblent tourner, proche du zénith, en direction du Nord, autour d’une étoile fixe.

De la même manière que le Soleil ne bouge pas vraiment, là aussi c’est la rotation de la Terre qui est à l’origine de ce ballet féérique.

La voûte céleste a toujours fasciné l’espèce curieuse que nous sommes. Et en l'absence de réponse, comme souvent, l’humanité a comblé les manques avec des histoires ou des contes.

Pour les Esquimaux, la terre et le ciel étaient jadis un ensemble unique qui s’est un jour détaché et les âmes servent de lien entre la voûte céleste et la terre.

Pour les Gaulois, il s’agissait d’un plafond troué qui menaçait de se lézarder et de tomber sur leur tête.

Pour les amérindiens, la voûte céleste a une origine bien particulière :

Suite à la création de la Grande Île sur le dos de la Grande Tortue (la terre, hein), les animaux, réunis en conseil, décidèrent qu’il fallait plus de lumière. Ils chargèrent alors la Petite Tortue de trouver une solution à ce problème de ténèbres. Ingénieuse, la Petite Tortue saisit de grands éclairs et elle en fabriqua un grand feu qu’elle fixa dans le ciel. Ainsi fut créé le Soleil.

Rapidement, le conseil se rendit compte que toutes les parties de la Grande Île n’étaient
pas bien éclairées. Après intense réflexion, le conseil décida de donner un mouvement au
Soleil. La Tortue des marais fut chargée de creuser un trou de part en part de la Grande
Île de façon à ce que le Soleil puisse faire une rotation complète autour de la Grande Île,
donnant ainsi une alternance de lumière et d’obscurité. Ainsi furent créés le jour et la nuit.

Dans le but d’éviter l’obscurité totale, lors de la rotation du Soleil, la Petite Tortue fut
mandatée pour trouver un substitut au Soleil afin d’éclairer la nuit. Elle créa donc la
Lune qui devint la douce compagne du Soleil.

Le Soleil et la Lune eurent de nombreux enfants, les Étoiles, qui sont dotés de vie et d’esprit comme leurs parents.

En souvenir de sa participation à la création des astres, la Petite Tortue fut nommée Gardienne du Ciel.

La voie lactée

Regarde attentivement le ciel : tu devrais vois comme un nuage lumineux qui barre le ciel d’un côté de la coupole céleste à l’autre.

Ce nuage, c’est notre galaxie, la Voie Lactée.
ça ne ressemble pas à ce qu’on imaginer d’une galaxie, ces spirales lumineuses qu’on a tous vu une fois.
Pourquoi ? Parce qu’on est dedans et qu’on la regarde de côté. Ce qu’on voit, c’est sa tranche.

Les peuples du Nord la surnomment “le chemin des oiseaux” car c’est le chemin qu’ils semblent prendre pour rejoindre les pays chauds

Pour les Tatars, peuple nomade à l’est de l’Europe, la voie lactée est la couture de la yourte que représente pour eux le ciel, et les étoiles sont autant de petits trous laissant passer la lumière.

Il existe bien des mythes et des légendes sur ce bandeau féérique. Mais pourquoi la voie lactée ?

Nous tenons ça des grecs et de leur mythologie. D’ailleurs tout le ciel est rempli de mythologie grecque.

Il existe non pas une mais deux légendes sur l’origine de la voie lactée :

La première fait appel au demi-dieu Héraclès. (oui c’est hercules)

Un jour, alors qu'il était enfant, il fut placé sur le sein d'Héra endormie.

Malheureusement, Héraclès ne domptant pas encore sa force, voulut se nourrir au sein de la déesse, mais il tira si fort que le lait gicla et se répandit en une grande traînée laiteuse dans le ciel : la Voie lactée.

La seconde légende fait référence à la trace laissée par un incendie qui subsiste dans le Ciel et qui constitue la Voie lactée.

Cet incendie fut provoqué par Phaéton qui, un jour, emprunta le chariot de feu de son père Hélios afin de prouver à tous ses origines divines.
Mais, pendant sa démonstration, il mit le feu sur la Terre ainsi qu'à la voûte céleste.

Zeus, très fâché, le précipita dans l'Éridan après l'avoir foudroyé.
Mais le demi-frère de Phaéton, Cycnos, supplia Zeus de lui pardonner et de le sauver.

Alors Zeus plaça Cycnos dans la Voie lactée comme symbole de l'amitié fidèle.

On peut encore le voir sous la forme de la constellation du Cygne dans les vestiges de l'incendie provoqué par son ami Phaéton.

Même de nos jours ce bandeau féérique a servi à la projection de nos croyances populaires:

En 2003 à New York, une coupure d’électricité générale a plongé la ville dans le noir.

Les new-yorkais, peu habitués à pouvoir admirer la voûte céleste à cause de la pollution lumineuse, ont alors appelé en masse les services d’urgence pour leur faire part de lueurs étranges dans le ciel pensant, pour certains, à une attaque venue du ciel.

Ces lueurs, c’était bien évidemment la voie lactée.

Les ours polaires

Mais ce n’est pas la seule chose sur laquelle les humains ont projeté leurs croyances.
Ils ont vu des points plus brillants que d’autres et on décidé de les relier entre eux et ont donné à ces figures géométriques des noms d’animaux, ou de personnages mythologiques.

On ne va pas faire le tour de toutes les constellations, mais il y en a 2 qui sont les plus marquantes et qui sont visibles toute l’année, toute la nuit dans l’hémisphère Nord : La grande ourse et la petite ourse

La grande ourse, que certains petits malins surnomment “la casserole” est surement celle la plus connue. 7 étoiles : 4 qui forment un trapèze et 3 qui forment la poignée de la casserole.

Rien qu’en mythologie Grecque, il existe plusieurs versions :

Cette constellation représenterait Callisto, une nymphe aimée de Zeus. Quand Héra, l'épouse de Zeus, découvrit leur relation, elle changea Callisto en Grande Ourse et son fils Arcas en Petite Ourse.

Outragée par cette offense à son honneur, Héra demanda justice à l'Océan, et les ourses furent alors condamnées à tourner perpétuellement autour du pôle Nord, jamais autorisées à se reposer sous la mer.

C’est pour cela que ces deux constellations sont toujours visibles, à tout heure de la nuit en toute saison.

Selon une autre version, la nymphe Callisto était la fille de Lycaon, un roi d’Arcadie. Zeus l’aperçut alors qu’elle chassait en compagnie d’Artémis et il s’en éprit.

Héra, jalouse, changea la jeune fille en ourse après qu’elle eut donné naissance à un fils, Arcas.
L’enfant grandit, devint un homme, et un jour qu’il participait à une chasse, la déesse dirigea Callisto vers l’endroit où il se trouvait, dans l’espoir de lui voir décocher une flèche à sa mère, en toute ignorance.

Mais Zeus enleva l’ourse et la plaça parmi les étoiles.
Plus tard, son fils Arcas vint l’y rejoindre. Ils prirent respectivement les noms de Grande Ourse et de Petite Ourse.

Selon une dernière version, Callisto était une nymphe au service d'Artémis, la déesse de la nature sauvage.

Elle a juré de rester vierge tout comme Artémis.
Un jour, alors qu'elle cueillait des fleurs, Zeus la vit et s'éprit d'elle. Comme il savait qu'elle était vierge, il devait jouer le grand jeu. Il eut donc l'idée de prendre l'apparence d'artémis, et, lorsque Callisto fut revenue de sa promenade, elle fut étonnée par tant de besoin de tendresse de la part de sa maîtresse.

Le temps passa et la nymphe sentit son ventre grossir et, quand elle se déshabilla pour prendre un bain avec Artémis et les autres nymphes dans la mer Morte, elle vit son gros ventre et se sentit coupable de ne pas avoir remarqué tout de suite que ce n'était pas la déesse.

Quand la déesse l'aperçut, elle entra dans une rage folle et transforma Callisto en ourse avant qu'elle n'accouche. Et la déesse dit aux autres nymphes : « Tuons-la avant qu'elle ne s'échappe, elle nous servira de tapis et de dîner ! »

À ces mots, la nymphe courut, poursuivie par les chasseurs.
Quand la chasse fut terminée, Zeus ramassa la carcasse de l'ourse qu'il avait condamnée à l'exil et la mit au ciel.

C'est là qu'elle mit au monde Arcas, qui désormais la suit tout le temps.

C’est pas forcément toujours gai la mythologie grecque. Mais son influence sur le ciel est sans égale.

L'ours se dit arctos en grec, d'où le nom de cercle arctique qu'on donnait au cercle des étoiles toujours visibles, et le terme Arctique qui désigne la région entourant le pôle Nord de la Terre

Les Romains appelaient cette constellation septem triones c'est-à-dire « les sept bœufs de labour » qui tournent toujours autour du nord et sont tenus par la constellation du Bouvier qui en représente le laboureur.

C’est donc la grande ourse qui est à l'origine du terme « septentrional », qui signifie “ce qui est propre au Nord”.

Les babyloniens y voyaient un grand chariot, au Royaume-Uni, il y voyaient une charrue, en Scandinavie, le wagon de Charlemagne, et en Bretagne le chariot du roi Arthur.

En Inde, quand à eux, ils voyaient un cerf-volant volé par Vishnou le protecteur à Shiva le destructeur.

Quand je t’ai dit qu’il y avait 7 étoiles dans la constellation de la Grande Ourse, je t’ai un peu menti. Il y en a en réalité 8.

L’étoile du milieu du trio qui forme le manche de la casserole, s'appelle Mizar.
On ne peux pas la manquer, c’est la plus brillante.
Si on la regarde attentivement et qu’on a de bons yeux, on peut voir double. C’est normal : Cette étoile est accompagnée d’Alcor.

Pouvoir les distinguer était d'ailleurs un défi traditionnel d'acuité de vision dans plusieurs cultures, Gengis Khan le Mongole en aurait fait l'un des critères de sélection de ses archers.
Si tu hésitais à te mettre au tir à l’arc, tu as un test d’aptitude tout trouvé !

Comme elle est facile à repérer, la Grande Ourse est le parfait point de départ pour se diriger dans le ciel.

Et c’est d’ailleurs comme ça qu’on l’on peut repérer la petite ourse.

L’étoile polaire

On ne va pas faire trop de repérage dans le ciel, moi-même je me perds vite.

Mais une fois la grande ourse repérée, on peut facilement trouver la petite ourse et surtout l’étoile polaire, l’étoile qui indique le Nord céleste.

Elle a été pendant longtemps le repère des marins et des explorateurs.

Elle parait fixe parce qu’elle est simplement pile dans l’axe de rotation de la Terre.

Pendant longtemps j’ai confondu j’ai cru que c’était l’étoile du berger, car elle gardait le troupeau d’étoile. ça aurait été joli, mais ça n’a rien à voir.

L’étoile du berger n’en est pas une. C’est la planète Vénus et elle n’indique pas du tout le Nord. On reparlera de Venus plus tard

Sachez que l’étoile polaire actuelle n’a pas toujours été celle que nous connaissons : il y a 5000 ans, lors de la construction des pyramides, l’axe de rotation de la Terre n’était pas exactement celui actuel et c’est une autre étoile, Thuban, dans la constellation du dragon qui permettait la navigation.

D’ailleurs, quel est le vrai nom de l’étoile polaire ?
Etoile Polaire, tout simplement avec un E majuscule à étoile et un P majuscule à polaire. tu peux l’appeler Polaris, si tu veux, cela signifie la même chose car sa particularité lui a donné son nom.

Selon les estimations, elle devrait encore être valable jusqu’en l’an 3100 et sera le plus précisément positionné dans les années 2100.

Alors comment trouver le Nord ?

L’étoile polaire, c’est l’étoile au bout de la queue de la petite ourse.

Pour repérer la petite ourse à partir de la grande ourse c’est assez simple : tu cherches un chariot un peu plus petit, tourné dans l’autre sens, donc tête en bas par rapport à la grande ourse et avec la queue de l’ours qui pointe de l’autre côté.

Si tu ne trouves pas de suite, j’ai une autre méthode : Prends les deux étoiles qui forment le corps de la Grande Ourse, du côté opposé à sa queue.

Reporte 5 fois la distance qui sépare ces deux étoiles, sur la même trajectoire que celle qu’elle semble former, et sans le sens du dessus de la casserole et là tu tombes directement sur l’étoile polaire.

En mongolie, cette étoile est appelée “étoile d’or” car elle représente un frère parti attrapé une flèche dorée envoyée par un souverain.

8 frères avaient ensemble sauvé sa fille des griffes de Garuda, le roi des oiseaux, incarnation de Vishnou, qui voulait en faire son épouse.
Plutôt que de décider qui des 8 frères il allait récompenser, il préféra laisser le sort choisir et tira en l’air.

Le plus jeune fut celui qui l'attrapa mais n’est jamais redescendu.

Il est suivi toute la nuit par les 7 bouddhas qui sont ses autres frères, allant rendre visite à leur frère cadet, l'étoile d'or.

Ces 7 étoiles… c’est la Grande Ourse !

C’est dingue de se dire que ces légendes sont liées à des rassemblements artificiels d'étoiles qui n’ont pas fondamentalement bougé depuis des millénaires alors que les étoiles elle-mêmes sont loin d’être immobiles.

Au contraire, elles se déplacent à des vitesses hallucinantes, mais elles sont si éloignées de nous qu’il faut des siècles pour pouvoir discerner la déformation des constellations.

Je disais que le ciel est rempli de mythologie grecque, mais ce n'est pas tout à fait vrai. L'hémisphère sud, logiquement est moins exclusif. Leur constellation phare n'est pas un ours, mais une croix, la croix du Sud. Elle est présente sur le drapeau de l'Australie.

Leurs noms sont bien plus modernes, l'horloge, la mouche … Et la machine pneumatique, ou la pompe.
Mais cela est probablement dû aux européens qui, lorsqu'ils ont conquis les terres australes, en ont aussi conquis le ciel.

Je crois qu’il n'y a rien de plus universel que de tenter de donner sens au ciel [horloge arrive ]et d'y repérer le passage du temps.

Car des signes du zodiaque aux calendriers solaires, le ciel a été depuis toujours l'horloge de l'humanité.

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Au-delà des nuages

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Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Unknown Presence” Solar Fields (Origin #2) 2010 Ultimae Records
  • “Cycloid” Arovane & Porya Hatami (C.H.R.O.N.O.S) 2019 Karlrecords
  • “Everlasting (Album Edit)” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records
  • “Dysnomia” ASC (Trans-Neptunian Objects) 2017 Auxiliary

Les artistes

Crédit image

Texte de l'épisode

Un peu de hauteur

La nuit est toujours aussi douce en haut de ta colline.

Les yeux perdus dans la voûte céleste, tu es comme hypnotisé par toutes ces étoiles, qui te paraissent un peu plus familière chaque fois que tu les regarde.

Ce ciel est devenu “ton ciel” maintenant.

Les étoiles deviennent un peu ton troupeau, et tu les observes avec tendresse comme le ferait un berger.

Tu aimeras les voir de plus près, voyager au milieu de cet amas de lumières.

Alors allonge toi, respire profondément.

inspire expire

On a besoin d’une destination, alors remettons la Lune, visons-la et commençons notre ascension.

Je t’annonce, on part pour un sacré voyage.

3, 2, 1, on commence à l’élever dans les airs, et tu sens la vitesse croître doucement

1m,

5m,

10m,

50m,

Jette un oeil en arrière et regarde le sol s’éloigner.

100m,

200m

300 m, on vient de passer la taille de la tour eiffel, le sol commence à ressembler à une maquette ou aux vues aériennes des sites comme Google Map.

830m, la taille du burj khalifa, on est désormais plus haut que le plus grand édifice construit par l’homme.

5 km, la taille du Mont Blanc

10 kilomètres au-dessus du sol, au-dessus de la plupart des nuages, c’est l’altitude d’un avion de ligne, c’est à peu près la taille du Mont Everest, la montagne la plus haute de la Terre.

Si ça te parait grand, dis toi que si la Terre était une sphère parfaite, de la taille d’un ballon de basket, le mont Everest serait quasi indiscernable, 2 dixièmes de millimètre.

Ce serait de l’ordre d’un grain de sable.

On continue à monter :
De 10 à 50 kilomètres au-dessus de la surface, c’est l’altitude des avions supersoniques, des ballons sondes et de la couche d’ozone. On n’a jamais encore volé plus haut sans un engin spatial.

Lorsque Felix Baumgartner a “sauté depuis l’espace”, il a sauté de cette partie-là, à 40 km au-dessus du sol.

Tu verras qu’en réalité c’est assez loin de l’espace.

Au-dessus de ces 50 km, c’est là que commencent les choses sérieuses, on rencontre les aurores boréales et les météorites, les fameuses étoiles filantes.

Très peu d’humains ont atteint ou dépassé cette altitude. Pourtant, au sol, cela parait tellement peu 50km...

C’est souvent un aller-retour à la ville d’à côté.

De cette hauteur tu peux presque voir toute la France.

100 km d’altitude, félicitations, tu es officiellement un astronaute.

En effet, tu as dépassé la ligne de Kármán, cette frontière arbitraire qui désigne la limite entre l'atmosphère terrestre et l’espace.

Elle est arbitraire parce que les effets de l’atmosphère se font en réalité sentir bien plus loin.

Le physicien hongro-américain, Theodore von Kármán proposa cet valeur car quelle que soit l’aéronef, il ne pourra plus utiliser l’air pour voler au-delà de cette hauteur.

Elle désigne donc plutôt une frontière entre aéronautique et astronautique.

Il n’y a pas vraiment de ligne bien définie entre la Terre et l’espace.
Les gaz sont simplement de moins en moins présent, de manière très graduelle.

Dans le cas d’une rentrée dans l’atmosphère d’une capsule spatiale, par exemple, on considère qu’il n’y a plus d’action notable à partir de 120km d’altitude.

120 km, cela paraît déjà un peu plus conséquent : une heure de conduite sur autoroute, 400 tours Eiffel.

Mais à l’échelle de la Terre, ce cocon protecteur ne représente qu’il filme ténu.
Si on reprend l’exemple du ballon de basket, l’épaisseur de l’atmosphère serait de 2,3 mm environ.

Ce n’est rien du tout.

La station spatiale internationale est à 400 km de la terre, ce qui veut dire qu’elle est encore soumise à des frottements, ténus, certes, mais suffisamment pour la ralentir de manière significative et nécessite d’être régulièrement rehaussée, re-propulsée.

Il faut monter jusqu’à plus de 500 km, ou un centimètre sur notre ballon, pour considérer être complètement hors de toute influence atmosphérique.

Imagine un humain, à plus de 400 km de tout autre présence humaine.

Cela n’est pas si difficile réaliser, en fait. C’est être seul au milieu d’une zone de la taille de la France.

Sur un des océans, on peut tout à fait se retrouver dans cette situation.

Et bien lorsque l’ISS se trouve au-dessus, les humains les plus proches de lui seront des astronautes.

On est encore bien loins d’être des explorateurs de l’espace, notre station spatiale, c’est un peu comme un enfant qui part à l’aventure en plantant une tente dans le jardin de la maison familiale.

Passons l’ISS, sortons totalement de l'atmosphère.

590 km, c’est l’altitude du télescope le plus connu, le télescope spatial Hubble.

Avec son miroir grande taille (2,4 mètres de diamètre, tout de même) et son emplacement idéal, loin de toute pollution visuelle, Hubble a contribué à des découvertes de grande ampleur, telles que la mesure du taux d'expansion de l'Univers, la confirmation de la présence de trous noirs supermassifs au centre des galaxies ou l'existence de la matière noire et de l'énergie noire.

Saluons-le, en le remerciant pour ces connaissances, dont je te ferai bientôt part, et continuons notre éloignement de la surface de notre planète

Allons jusqu’à atteindre une altitude de 850 km environ.

Ici, à l’abri des frottements, on retrouve les satellites de Météo France, tournant autour de la Terre en prenant des clichés qui permettront de réaliser ces animations que tu verras à la télévision avant le journal.

Si tu regardes la Terre, en tournant la tête, tu peux voir des pays scandinaves au sahara, ainsi que l’atlantique au large du portugal jusqu’à l’ouest de la Russie en passant par la botte caractéristique de l’Italie.

Nous n’avons toujours pas atteint la distance qui correspond à la France du Nord au Sud. On est encore tellement proche de la Terre.

Alors allons encore plus loin, plus vite

1000km,

5000km,

10 000km

A 20 000 km, nous atteignons les 24 satellites GPS

Pour te donner une idée de ce que représente 20 000 km, c’est à peu près la distance que tu aurais à parcourir pour partir du pôle Nord et atteindre le pôle Sud, en suivant la courbure de la terre. C’est plus de 3 fois le rayon de notre planète.

D’ailleurs, tu peux voir cette distance sur la Terre, maintenant.
Tu peux distinguer les deux calottes polaires, ces étendues blanches au Nord et au Sud de notre cailloux spatial.

Sur cette orbite, les satellites font le tour la Terre toutes les 12 heures environ.

Est-ce que tu as remarqué ?
Plus on s’éloigne, plus le temps pour faire le tour de la Terre est long.

Tu vas me “c’est normal puisqu’on parcours un cercle plus grand”
Mais ce n’est pas que cela : plus on est éloigné de la Terre, moins on a besoin d’aller vite pour rester en orbite.
L’ISS va à 27 600 km/h, les satellites GPS, eux, ne vont “qu’à” 13 600 km/h.

J’expliquerai pourquoi très bientôt.

A 36 000 km environ, soit un peu moins que la circonférence de la Terre, on atteint une distance où le temps mis pour faire le tour de notre planète est de 24h…

Cela qui veut dire qu’un objet sur cette orbite et dans le plan de rotation de la Terre sera toujours positionné au-dessus d’un même point au sol.

C’est ce qu’on appelle l’orbite géostationnaire. Elle est très utile pour la télécommunication, la transmission.

On envoie un signal vers ce point fixe depuis un bout du monde, le satellite le renvoie et peut être capté depuis un autre point du globe.

Ces satellites agissent comme des miroirs à signaux.
Et comme pour un miroir, il est essentiel qu’il ne bouge pas pour pouvoir maintenir un signal stable.

On est déjà bien loin du sol. Si on regarde derrière nous, on commencer à admirer notre planète dans sa globalité.

Mais la Lune ne paraît pas avoir changé de taille… et elle parait toujours si loin, ou si proche… C’est un peu dur de jauger les distances aussi grandes, surtout dans le vide spatial.
En fait, nous avons parcouru moins d’un dixième de la distance qui sépare la Terre de la Lune. Elle est à 380 000 km de la terre et nous ne sommes qu’à 36 000 km.

Si l’on reprend notre échelle de la terre de la taille d’un ballon de basket, nous sommes à 70cm de sa surface, à peine plus qu’à bout de bras, mais la Lune, elle, est à 7m et demi, la hauteur d’une maison avec un étage, en comptant le toit.

Alors continuons notre ascension dans sa direction.

Distances lumières

Un peu avant d’arriver à la Lune, arrêtons-nous à la distance de 300 000 km.

Tu peux prendre une seconde pour profiter de la proximité de la Lune pour en apprécier la beauté,

Mais regarde en direction de la Terre maintenant.

Elle a bien rétréci depuis notre dernière étape. Elle a presque la taille d’un simple ballon maintenant.

Mais sais-tu que tu vois ? Ce que tu as sous les yeux, ce n’est pas la Terre telle qu’elle est maintenant, mais telle qu’elle était dans le passé.

Non, ne cherche pas les dinosaures ou les hommes préhistoriques.
Tu vois actuellement la Terre telle qu’elle était il y a exactement 1 seconde.

Parce que la lumière se déplace et a une vitesse, de la même manière que le son. Sa vitesse est d’environ 300 000 km par seconde, c’est pour ça qu’on s’est stoppés ici.

Si la Terre venait à disparaître d’un coup, tu serais le dernier humain à le savoir.

Redescendons sur Terre, revenons sur ta colline, il faut que je te parle des années lumières.

Bien installé ? Parfait.

C’est quoi une année lumière ?
Ce n’est pas une mesure de la durée, mais une unité de distance. Une année lumière c’est la distance que parcourt la lumière en un an.

Elle parcourt en une seconde ce que les astronautes des missions Apollo ont mis 4 jours à faire ce que nous avons fait en une poignée de minutes d’imagination.
Une année lumière c’est gigantesque. C’est très très grand. Tu ne peux même pas imaginer à quel point c’est vaste.

Pour donner une idée d’échelle :
une seconde pour aller sur la Lune, ok.

Pour atteindre le Soleil, c’est environ 150 millions de km, soit 500 fois la distance, donc 500 fois la durée.

Il faut 8 minutes et 20 secondes à la lumière du Soleil pour nous atteindre.
Si le soleil venait à s’éteindre maintenant, tu aurais le temps de te faire cuire des coquillettes avant qu’il fasse sombre sur Terre.

Il y a un nom d’ailleurs pour la distance Soleil-Terre : c’est ce qu’on appelle une Unité astronomique. C’est un peu le mètre spatial pour tout ce qui concerne le système solaire.

Mercure, la planète la plus proche du soleil est à 0.4 unité astronomique, et Pluton se trouve à près environ 39.5 unités astronomiques de notre étoile.
Il faut à la lumière du soleil environ 5h et demi pour atteindre la planète naine.

Tout comme l’atmosphère de la terre, notre système solaire n’a pas de frontière réellement définie. La gravité du soleil se ressent partout dans l’univers, mais elle décroît avec le carré de la distance.

Quand on est 2 fois plus loin, on est 4x moins attiré, 10x plus loin, on est 100 fois moins attiré... mais la gravité ne s’arrête jamais totalement.

Une des frontières pourrait être 15 milliards de kilomètres, 100 unités astronomiques, là où les vents solaires ainsi que le champs magnétique de notre étoile s’arrêtent.

Il faudrait près de 14h à la lumière pour atteindre cet endroit.

Mais si l’on veut que la gravité du Soleil soit négligeable, il faut aller jusqu’à 100 000 unités astronomiques, là où le nuage de débris datant de la formation du système solaire semble s'arrêter.

Atteindre le nuage d’Oort, le nom donné à cette partie du système solaire, c’est 1 000 unités astronomiques, en sortir, c’est 100 000 ua.

La lumière met 140h à l’atteindre, un peu moins de 6 jours mais il lui faut 14 000 h pour en sortir, quitter ce nuage d’oort, soit un an et demi.

Proxima Centauri, est l'étoile la plus proche de notre système solaire.

Elle est à une distance d'environ 4,22 années-lumières, soit 270 000 unités astronomiques.

Cela parait beaucoup, mais ce n’est toujours rien comparé aux autres étoiles.

Tu te souviens quand on regardait la Grande Ourse ? D’après toi, à quelle distance se trouvent les étoiles de cette constellation ?

Je vais devoir te décevoir mais la grande ourse n’existe pas vraiment autre part que depuis la Terre.
La distance varie d’une étoile à l’autre, ce qui veut dire que vu de côté, ou depuis une planète d’un autre système, le chariot ne ressemble à rien.

Mizar par exemple est à 78 années lumières de nous, et Alcor, l’étoile qui semble être si proche est 3 années lumière plus loin, à 81 années lumières de nous.

Pour les autres, cela varie d’environ 50 à 250 années lumières.

Cela veut dire que lorsque tu regardes la Grande Ourse, tu voies les étoiles telles qu’elles brillaient lors de la guerre froide pour certaines ou bien la révolution française pour d’autres.

Dans le reste du ciel, tu peux apercevoir des étoiles à plus de 3000 années lumières. C’est à dire que la lumière qui t’atteint aujourd’hui a quitté l’étoile en -1000 avant notre ère. Bien avant les philosophes grecs, par exemple.

Regarder les étoiles c’est donc remonter dans le temps.

Imagine-toi pouvoir te téléporter à 65 millions d’années lumière de la Terre et être capable de l’observer… tu pourrais assister à l’extinction des dinosaures.

Cela veut dire que si l’on regarde suffisamment loin, on peut voir l’univers tel qu’il était il y a des millions d’années, voir même des milliards d’années.

On pourrait alors, en théorie, en voir sa naissance, il y a 13,7 milliards d’années.

Bien avant la Terre, bien avant le Soleil, bien avant la Voie Lactée, au moment où tout a été créé, y compris le temps lui-même.

Au final ce que tu as sous les yeux, c’est l’Univers, tel qu’il a été à des époques plus ou moins éloignées.

Alors regarde le ciel nocturne étoile par étoile, comme on feuillette un album de famille un peu désordonné, et demande-toi de quand datent les photons qui touchent un a un ta rétine.

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Au-delà de notre système solaire

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Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine
Voix de Carl Sagan : Quenton

Crédits musiques

  • “Derelicts feat. Ester Nannmark” Carbon Based Lifeforms (Derelicts) 2017 Blood Music
  • “Be Life (James Murray Remix)” Anne Garner (Be Life Relived) 2016 Slowcraft Records
  • “Travel To A Human Heart” Strom Noir (Travel To A Human Heart) 2014 Sacred Phrases
  • “Nocturne 1” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2014 Ad Noiseam
  • “Nocturne 2” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2014 Ad Noiseam

Les artistes

Crédit image

Texte de l'épisode

Si les années lumières t’ont donné le tournis, je te préviens que ce que je vais te décrire maintenant va te faire sentir encore plus petit.

Je te propose de changer de décors.

Quittons la colline, et télé-portons-nous sur une plage isolée, couverte de sable fin, une nuit où la mer est calme.

Assieds-toi dans ce sable doux.

D’ici le spectacle est doublement saisissant, Au-dessus de toi le dôme étoilé barré par la Voie Lactée et, à la surface de l’eau calme, le reflet diffus qui crée une lueur fantomatique.

Imagine plonger ta main dans le sable sec. Sous une surface à température ambiante, il est encore un peu tiède quelque centimètres au-dessous.

Prends-en une poignée et ouvre ta main pour laisser les grains s’écouler entre tes doigts.

Pendant que tu te détends à faire ça, dans ce nouveau décors si agréable, je vais te parler des galaxies.

Galaxies

Lorsque l’on quitte le système solaire, dépassant le nuage d’Oort qui nous entoure, malgré le rayon gigantesque d’une année lumière et demi, nous n’avons parcouru qu’une distance très négligeable à l’échelle du cosmos.

Car le système solaire n’est qu’un élément de notre galaxie, le soleil n’est que l’une des 200 milliards d’étoiles de la Voie Lactée. Si tu veux les compter une par une, à raison d’une seconde par étoile, il te faudrait plus de 6300 ans pour le faire.

C’est tellement grand comme chiffre que nous allons ensemble, mentalement, devoir faire une maquette pour ramener tout ça à une échelle un peu plus compréhensible…

Lorsque tu prends une poignée de sable, tu as dans la main environ 500 000 de ses grains. Prends donc une poignée de sable dans chaque main, tu es millionnaire… en grains de sable.

Avec un cube d’un mètre de côté fait avec du sable de plage, on réunit 100 milliards de grains de sable.

La voie lactée, avec 200 milliards d’étoiles, c’est donc 2 cubes de sable. La galaxie d’Andromède, la plus proche de nous avec son billion d’étoiles (1000 milliards) c’est 10 cubes de sable.

L’univers, quand à lui, est composé d’autant d’étoiles que de grains de sables sur le milliard de kilomètres de côtes présentes sur Terre.

Mais c’est quoi une galaxie en fait ?

Une galaxie est un assemblage d'étoiles, de gaz, de poussières gravitant autour d’un centre hyper massif. Mais c’est surtout beaucoup, beaucoup de vide entre chacun des éléments, comme le reste de l'univers d’ailleurs.

Si l’on voulait créer une maquette de notre galaxie avec les grains de sable (0.05mm) représentant chacun la taille d’une étoile moyenne comme notre soleil,

  • Neptune se trouverait à 33cm de notre étoile- grain de sable,
  • la ceinture de Kuiper, qui contient pluton, serait à 1m de distance.
  • le nuage d’Oort représente alors une sphère creuse allant de 100m à 500m de diamètre
  • Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil serait un autre grain de sable situé à 1,4km du premier. (Si tu es toujours assis dans le sable, c’est à peu près la moitié de la distance entre toi et l’horizon.)

Entre notre système solaire et celui de proxima du centaure, c’est le vide interstellaire, le vide entre les étoiles. Quelques particules par mètre cube tout au plus.

Cela fait beaucoup de vide.

Nos 2m3 de sable devraient alors être répartis, si l’on voulait créer une maquette de la voie lactée à l’échelle, sur un disque de diamètre de 36000 kilomètres.

C’est 3 fois le diamètre de la Terre.

C’est grand, c’est très très grand tout ça.

Et ce n’est qu’une seule galaxie.

La galaxie d’Andromède serait, toujours à cette échelle, à une distance égale à 21 fois le diamètre de la Terre.

Tu te sens pas tout petit ?

Cela remet en perspective les choses, non ?

Carl Sagan est un astronome américain, surtout connu pour ses œuvres de vulgarisation scientifique et aussi pour son soutien au SETI, qui cherche des signaux extraterrestres.

Il commenta une photo prise en 1990 par la sonde Voyager 1, alors qu’elle se trouvait à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre, au-delà de l’orbite de Neptune. Tu le sais maintenant, c’est encore très près de chez nous

On y voit un petit point bleu pâle au milieu de raies du soleil sur l’objectif de la sonde.

« Regardez ce point. C’est ici. C’est notre foyer. C’est nous. Dessus se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez jamais entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. La somme de nos joies et de nos souffrances. Des milliers de religions, d’idéologies et de doctrines économiques remplies de certitudes. Tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations. Tous les rois et paysans, tous les jeunes couples d’amoureux, tous les pères, mères, enfants remplis d’espoir, inventeurs et explorateurs. Tous les moralisateurs, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l’histoire de notre espèce ont vécu ici… Sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.

[...]

On dit que l’astronomie incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure démonstration de la vanité humaine que cette lointaine image. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »

Principes orbitaux des galaxies

D’ailleurs, pourquoi il y a des galaxies ?

On ne sait pas exactement ce qui fait que les galaxies forment des ensembles cohérents. Car la gravité seule ne semble pas suffisante pour expliquer ce qui retient toutes ces étoiles entre elles.

Souvent, comme pour la voie lactée, il y a au centre un trou noir géant qui, comme le soleil au centre de notre système, entraîne autour de lui les étoiles dans une danse orbitale gigantesque. Je te reparlerai plus tard des trous noirs, ces monstres cosmiques qui repoussent les limites de la physique.

Mais il y a quelque chose de surprenant dans la façon qu’ont les étoiles d’orbiter le trou noir de notre galaxie.

La vitesse des étoiles et du gaz ne respecte pas exactement ce que l’on a observé pour les orbites des satellites autour de la Terre.

Ce principe orbital a un nom : les lois de Kepler.

Elles dictent entre autre, que la vitesse d’une planète sur son orbite est inversement proportionnelle à sa distance au centre, un résultat qui est toujours vrai dans un système dominé par un corps central comme la Terre, ou le Soleil.

C’est ce qu’on avait observé avec les satelittes qui tournaient de moins en moins vite au fur et à mesure que l’on s’éloignait de la Terre.

Ce principe devrait se généraliser une galaxie, surtout lorsqu’il y a un trou noir au centre et qui serait la cause de la rotation. Mais ce n’est pas le cas.

Si au plus proche du trou noir, il est attendu que la gravité ait des propriétés étranges, le gaz à l’extérieur de la galaxie peut normalement être considéré en orbite classique autour d’un corps central et devrait donc suivre une loi similaire à celle qui régit la vitesse des planètes du système solaire.

Des observations à l’aide de puissants radiotélescopes commencèrent et les premiers résultats furent publiés à la fin des années 1970.

Les résultats furent surprenants. Les courbes de rotation ne chutaient pas à l’extérieur des galaxies mais restaient obstinément plates : La vitesse des éléments restait constante au lieu de diminuer. Comme si quelque-chose d’invisible rendait l’ensemble rigide, au lieu qu’il soit composé de corpuscules indépendants.

Ceci implique aussi que la matière des galaxies s’étendrait bien au-delà des limites visibles. Chaque galaxie devait être entourée d’un halo de matière invisible, dont la masse devait être plusieurs fois supérieure à celle de la partie visible.

Matière noire

Il existe donc de la matière de l’Univers qui nous est cachée. On lui a donné le nom de matière noire, mais elle n’est pas sombre, elle ne cache rien, elle est juste complètement indétectable.
Mais les calculs semblent indiquer qu’elle composerait 80% de la masse de l’Univers.

Comment sait-on qu’elle est bien réelle ? On en observe ses effets.

De la même manière que Kepler a pu décrire mathématiquement les orbites sans comprendre la gravité, que Newton a pu expliquer les prédictions de Kepler avec la gravité sans comprendre ce qui en est la cause, avec la matière noire, et uniquement avec elle, nous pouvons construire un modèle orbital des galaxies qui fonctionne sans savoir de quoi elle est faite ni ce qui l’a créée.

On sait en revanche ce qu’elle n’est pas.
La matière noire n’est pas de l’antimatière.

L’antimatière, malgré son nom très science-fiction existe vraiment et n’est simplement que de la matière dont les éléments sont de charge inversée. Les protons sont de charge négative et les électrons de charge positive au lieu de l’inverse dans la matière dite conventionnelle.
Si de l'antimatière et de la matière d'un même élément chimique se rencontrent, ils transforment leur masse en énergie pure et disparaissent.

On sait créer et détecter cette antimatière. Mais ce n'est pas le cas de la matière noire.

Tu es probablement intrigué et espére que puisse vous en dire plus sur cette matière noire, mais je ne peux pas. À l'heure actuelle, personne ne le peut, même les plus grands scientifiques ignorent ses propriétés. On sait juste qu'elle est là, qu’elle serait très peu dense et répartie dans tout l’univers, car on en détecte les effets mais c’est à peu près tout.

Sans elle, il n'y aurait pas de galaxies ni d'amas de galaxie

Avec la gravité qui attire les éléments les uns vers les autres et d'un autre côté l'expansion de l'univers qui les éloignent, n'imaginez pas un univers avec des galaxies bien réparties dans l'immensité de notre réalité.

Les galaxies sont regroupées en groupes ou amas, comme des poches, des bulles sans frontière physique où la matière se regroupe.

Souvent, les groupes et amas eux même s'attirent et gravitent en groupe.

C'est ce que l'on appelle un super amas. Et c'est notamment ce comportement qui ne devrait être possible sans la matière noire, qui agit comme un liant, une colle qui force cette cohésion dans l'univers.

Notre adresse est donc : Terre, système solaire, voie lactée, groupe local, super amas de la vierge…

Et c'est tout.

Au dessus de ces super amas, la prochaine échelle de taille, c'est l'univers lui-même.

Univers observable, univers visible,

Qu'est ce que l'on sait de l'univers ? L'a-t-on cartographié entièrement ? Est-ce qu'on pourra le faire un jour ?

Tu sais déjà que ce que tu voies dans le ciel, c’est une collection d’image d’étoiles il y a plus ou moins longtemps.

Est-ce qu’il existe une limite, une fin ?

Il y a bien une distance, donc un moment passé lequel nous ne pouvons plus remonter dans le temps.

Comme je te l’ai déjà dit, l’univers n’a pas toujours été là.

Il est né il y a 13.7 milliards d’années suite à un évènement que l’on appelle Big Bang. On ne sait toujours pas ce qui a produit cette explosion.

Lorsque l’on regarde au loin, on voit que plus les étoiles et les galaxies sont éloignées, plus elles s’éloignent vite de nous. La longueur d’onde de leur rayonnement est systématiquement plus grande, car, à la manière d’une sirène qui s’éloigne, chaque vague de l’onde est étirée à cause de la vitesse. C’est le red-shift.

Elle viendraient vers nous, les ondes seraient au contraire comprimées, auraient des longueurs d’onde plus courtes.

Cela veut dire que si l’on remonte le cours du temps, tout tenait en un seul et unique point d’où tout est parti.

Il y a donc tout autour de nous une sphère de 13.7 milliards d’années-lumières de rayon qui représente un horizon d’observation absolument infranchissable. Nous ne pourrons jamais voir plus loin que cette limite, car plus loin, c’est plus tôt, et plus tôt, il n’y avait rien.

Mais on sait que les étoiles ne sont pas restées immobiles pendant tout ce temps, pour la majorité d’entre elles, elles se sont éloignées. Même si certaines ont disparu depuis, on peut calculer leur position théorique.

Le diamètre de l'Univers observable est estimé à environ 93 milliards d'années-lumière. C’est plus de 3 fois la taille de la sphère d’observation directe. L’univers s’étend donc à une vitesse impressionnante.

Mais si nous sommes au centre de cette sphère, est-ce que cela veut dire que nous sommes au centre de l’Univers? Est-ce que le big bang a eu lieu à l’endroit où se situe la Terre ? Absolument pas.
La Terre, Le Soleil, La Voie Lactée, Andromèdre, tout est autant centre de l’Univers. En fait, tout corps céleste peut être considéré comme un centre de l’Univers. Ou plutôt, rien ne l’est.

Cela va être compliqué à imaginer, mais en réalité, tout point dans l’Univers est soumis à la même illusion d’optique. L’univers ne s’étend pas depuis un point mais il s’étend tout court.

L’univers n’a pas de bord, de fin, à proprement parler. Il est infini.

L’infini

Notre esprit n’est pas fait pour comprendre l’infini. Quand je te dis infini, tu imagines probablement juste très très très grand. Mais non, c’est une infinité plus grand encore.

C’est tellement grand l’infini que parfois ça devient absurde :

Imaginons que tu soies maître d'hôtel dans un établissement disposant d’un nombre infini de chambres. Toutes les chambres sont actuellement occupées et elles le sont pour une durée infinie.
Un client potentiel se présente à toi et te demande s’il est possible de dormir dans ton charmant hotel.

Si tu réponds que ce n’est pas possible pour lui de venir, c’est à cause de la limite que s’impose naturellement ton esprit. La réponse serait juste si on parlait d’un établissement avec 10 000 chambres ou même 10 millions de milliards de chambres.

Mais cet hôtel est infini, réellement et mathématiquement infini.
Cela veut dire que malgré toutes les chambres occupées, tu peux loger un individu de plus.

Comment ?
Pour la prochaine nuit, tu lui donnes la chambre 1, par exemple.
L’ancien occupant de cette chambre va aller dans la chambre 2, forçant son occupant à déménager à la chambre 3, forçant son occupant à aller dans la chambre 4 et ainsi de suite.

ça fait une infinité de déménagements, mais l’infini +1… c’est toujours l’infini. et une infinité de chambre peut accueillir une infinité de clients.

Si tu veux t’imaginer l’infinité de l’univers plus simplement, sache qu’il existe une théorie, assez controversée, selon laquelle si l’on voyage suffisamment longtemps dans une direction, on finit par rejoindre son point de départ.
(Mais tout cela fonctionnerait tout autant s’il était infini, hein, c’est juste plus facile à visualiser pour nos esprits limités)

Comme sur la surface de la Terre en un sens. Tu peux aller tout droit sans jamais atteindre le bout de la terre.
Imaginons que tu sois un être qui ne connait que 2 dimensions, l’infinité d’une sphère serait un concept absolument impossible à s’approprier.

Sauf que tu le sais, le bout du monde n’existe pas. Et ce, même si la Terre a une taille définie.

C’est en un sens la raison pour laquelle il n’y a pas fin, et donc pas de centre d’expansion de l’univers.

Et de la même manière que lorsque tu gonfles un ballon, il n’y a pas un point à la surface du ballon qui en est le centre, mais d’où que tu prennes ton référentiel, les points autour s’en éloignent.

L’univers s’analyse lui-même

L’Univers semble parfois si peu intuitif dans son fonctionnement.

Des distances entre les astres jusqu’à sa taille infinie en passant par les durées qui dépassent nos capacités intellectuelles... nous ne sommes pas faits pour le comprendre intuitivement.

Mais depuis toujours notre espèce a su s’équiper d’outils.

Comme le cailloux par exemple, l’outil originel, nous permettant de faire ce que nos mains ne pourront jamais faire seules.

L’humanité a su se construire une collection outils intellectuels, qui nous a permis de donner un sens, une logique, const ruire des modèles et ainsi dépasser les limites de notre propre compréhension.

Cette boite à outil, la science, création abstraite imaginée par des êtres composés de poussière d’étoile, c’est en un sens l’Univers qui a créé de quoi s’analyser et se comprendre lui-même.

Je sais pas toi, mais moi quand j’y pense, je trouve cela au moins aussi incroyable que l’Univers lui-même.