ASpaceMR

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Reposez-vous dans les étoiles

Phil_Goud & Redscape

Contes, légendes et faits scientifiques se rencontrent dans cette ballade spatiale écrite, racontée et mise en musique pour vous reposer et pourquoi pas vous endormir. Nul besoin d'être féru d'astronomie ou de sciences, laissez-vous simplement guider.

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La danse des corps célestes

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Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Moll 6” Misantropen (Molltoner från Norrland 1 & 2) 2018 Nothern Electronics
  • “Revelación” Palmerainvisible (Infinita) 2017 Abstrakt Reflections
  • “Depth Lights” Asceptic Siliceum (Chaotic Paths) 2019 Abstrakt Reflections
  • “Scheming (remix by Hecq)” Lusine lcl. (Conversions) 2014 Ad Noiseam

Les artistes

Crédit image

Texte de l'épisode

Toujours allongé sur ta plage ?

Profite-en pour sentir le sable qui s’écrase sous ton poids, au niveau de ta tête, de tes épaules, de ton dos, de tes jambes, de tes talons.

Sent cette force qui te plaque au sol et te retiens de plonger dans cet océan infini d’étoiles.

La gravité

Il faut que je te parle un peu de la gravité et surtout de son origine.
Car c’est important, notamment pour comprendre la danse des corps célestes.

Mais un tout petit point d’abord sur les dimensions, car étonnamment c’est lié.

Un point géométrique c’est la dimension 0. Il n’a aucune taille, aucune dimension.
2 points forment une ligne, qui a une longueur, une dimension.
3 points forment un plan, avec une longueur et une largeur, 2 dimensions.

Nous, les humains, avons l’habitude de penser que le monde se résume dans les 3 dimensions que nous connaissons. Longueur, largeur, hauteur ou épaisseur.

Pour les plus malins, nous voyageons aussi malgré nous dans une 4e dimension, le temps, dimension sur laquelle nous n’avons pas le contrôle.

En réalité on utilise bien les 4 dimensions au quotidien. Lorsque nous prenons rendez-vous, nous nous accordons sur une adresse, donc des coordonnées en 2 dimensions, un étage, 3e dimension, mais aussi une heure, 4e dimension.

Mais en réalité il y en a bien plus, on ne sait pas combien exactement. 10, 26 ? La science n’a pas apporté de réponse définitive sur le sujet.
Nous ne sommes donc pas beaucoup plus forts qu’un être 2D qui ne peut comprendre notre univers en 3D.

Si l’on déforme un plan en 2 dimension, et que l’on ne connaît pas la 3e dimension, il se passe alors des choses incroyables. Une feuille de journal dont on fait toucher les coins, c’est la possibilité pour notre être 2D, de se télétransporter d’une extrémité à l’autre du plan, de manière instantanée. Sorcellerie que voilà !

Alors telle une échelle de distance réduite, on va réduire le nombre de dimensions pour pouvoir s’imaginer la gravité.

On va garder l’image de la surface du ballon gonflable comme bon moyen de visualiser l’espace-temps, le canevas de l’univers qui réunit donc en 2D les 4 dimensions que l’on connaît.

Pour éviter que tu gardes trop en tête la vision, certes confortable, de l’univers qui boucle sur lui-même, on va imaginer le ballon infiniment grand, tellement grand qu’on dirait une surface plane. Comme pour la Terre qui paraît plate quand on est au sol.

Pareil, sauf que là c’est une sphère infiniment grande… donc il est impossible de retourner au même endroit.

C’est bon ? Tu as donc face à toi une surface infinie, plate, élastique au toucher.

Imagine maintenant que tu y places un oeuf, la surface s’enfonce là où tu as déposé l’oeuf et forme un creux qui s’étend quelques dizaines de centimètres tout autour.
Si tu y mets maintenant une boule de pétanque, un peu plus grosse, mais surtout bien plus dense, la courbure de la surface est bien plus grande.

Cet effet, cette courbure de la surface qui dépend de la masse de l’objet posé dessus, c’est exactement le fonctionnement de la gravité.

Laisse donc la boule de pétanque sur la surface et pose une bille un peu plus loin. Si la bille est hors du creux de la boule de pétanque, rien ne se passe. Si par contre, la bille est posée quelque part dans le creux, elle va rouler jusqu’à atteindre la boule de pétanque.

La masse d’un corps déforme l’espace-temps, créant ce creux capable d’attirer les objets les uns contre les autres.

Alors non, n’imagine pas voir un jour des entonnoirs dans le ciel, je te rappelle qu’il s’agit ici d’une représentation simplifiée dans laquelle on a retiré des dimensions pour que cela soit imaginable par nos esprits limités.
Avec cette image en tête, je vais pouvoir t’expliquer pourquoi, quand on a vu les différentes orbites, plus on était loin, moins on tournait vite autour de la Terre.

Imagine maintenant que cette bille, au lieu de la poser dans le cône, tu lui donnes un petit élan. Elle ne va pas tomber droit au fond du cône, mais va alors faire une courbe avant de rejoindre la boule de pétanque.

Si tu lui donnes beaucoup d’élan, elle va alors pouvoir quitter le cône et continuer tout droit.

En jouant sur la vitesse de lancer, tu devrais arriver à faire en sorte que la bille fasse plusieurs tours autour de la boule de pétanque avant de s’y cogner.

Plus tu es loin de la boule de pétanque, plus la pente pour la rejoindre est faible, et donc moins la bille est attirée vers la boule. Pas besoin de la lancer très vite.

A l’inverse, si tu es proche de la boule de pétanque la vitesse doit être importante pour éviter de tomber au fond du creux.

Voilà pourquoi l’ISS, très proche de la Terre, doit tourner à 27 600 km/h pendant que la Lune, beaucoup, beaucoup plus éloignée, ne se déplace qu’à 3700 km/h.

Ce concept de déformation de l’espace-temps, c’est ce qui fait la différence entre la gravitation expliquée via Newton, où la cause n’est pas expliquée, et la version d’Einstein.

Si tu ne touches pas un objet, que tu ne lui applique aucune force, au choix, soit il ne bouge pas, soit il se déplace en en ligne droite indéfiniment à vitesse constante. C’est ce qu’on appelle un mouvement rectiligne uniforme.
Si on y réfléchit, ne pas bouger, c’est juste un mouvement rectiligne uniforme avec une vitesse nulle.

Sur Terre, si tu fais rouler un ballon bien équilibré sur un sol plat, régulier, comme un terrain de basket par exemple, il va rouler en ligne droite jusqu’à rencontrer un obstacle ou s’arrêter de lui-même au bout d’une centaine de mètres, voir peut-être bien plus. S’il s’arrête, c’est à cause des frottements de l’air et du sol qui s’exercent sur lui.

Dans l’espace c’est pareil, sauf qu’il ne s’arrêtera jamais. Mais vraiment jamais.

Et c’est là où la physique newtonienne était face à un mur. Qu’est-ce qui retient la Lune près de la Terre ?

Tu as déjà dû entendre parler de la gravité comme une force.
C’était l’explication avancée par Newton. D’un point de vue calcul sa théorie marche dans la majorité des cas, mais aucun phénomène physique pouvait expliquer comment la gravité fonctionne. Ce n’est pas un effort mécanique,les corps ne sont pas en contact, ce n’est pas non plus électro-magnétique… Alors qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui empêche un mouvement rectiligne uniforme ?

En réalité, aucune force, d’aucune nature, n’est appliquée sur la Lune par la Terre. La Lune va bien en ligne droite.
Si la trajectoire est rectiligne, mais que la Lune tourne autour de la Terre, c’est parce que la surface sur laquelle cette ligne est tracée est un cône spatio-temporel.

C’est là tout le génie d’Einstein. Comprendre que la physique n’avait pas tort sur ses principes de base, mais penser au-delà des habitudes, au-delà du visible pour l’homme.

Cela veut dire que la Lune autour de la Terre, la Terre autour du Soleil, tous ces corps en orbite ne sont que des billes lancées exactement à la bonne vitesse et dans la bonne direction pour être dans un état d’équilibre parfait et ne pas tomber au fond des puits de gravité du corps qu’elles orbitent.

Trous noirs : ces billes hyper-massives
Imaginons maintenant qu’au lieu d’une bille qui déforme délicatement la surface souple de l’espace-temps, on décide d’y appuyer une aiguille à tricoter, dont le bout ne peut percer le tissu. Imaginons aussi que l’on y mette un poids conséquent.

Cela implique que le puit de gravité aura la forme d’un cône dont la pente finira quasiment verticale, au plus proche du centre, et s’enfoncera très profondément dans la surface de l’espace-temps.

Ce que nous avons créé... un trou noir.
C’est au final assez simple un trou noir. Un volume tellement petit qu’on peut l’assimiler à un point, on l’appelle d’ailleurs singularité, mais qui possède une masse absolument démesurée, pour sa taille.

Passé un certain point dans le cône, lorsque l’on se rapproche du centre, la vitesse orbitale pour ne pas tomber au fond finit par être supérieure à celle de la lumière.
Cela veut dire que même les photons, les particules qui composent la lumière, les plus rapides de l’univers, ne peuvent échapper à son emprise et sont aspirés vers la singularité.

Cela crée alors une espèce de sphère noire, ce qui a donné leur nom au trou noir, car en dessous de son rayon, la lumière ne peut s’échapper. La limite de cette sphère est appelée “l’horizon des évènements”.

Tu as dû déjà voir des représentations de trous noirs où l’espace semble déformé tout autour. C’est normal. Avec sa gravité, le trou noir agit aussi comme une lentille.

Car rien n’échappe à la gravité pas même les photons.

Nous pouvons ainsi voir l'univers et ses étoiles dans un secteur situées derrière le trou noir, écrasés dans une image déformée tout autour de lui, comme si le trou noir ne faisait qu’écarter le ciel sur son passage.

Tous les astres font cela, dans une moindre mesure, évidemment. Nous pouvons au abord du Soleil, voir des étoiles situées un tout petit peu peu derrière lui.

Mais si cette représentation d’un trou noir est juste d’un point de vue optique, il manque un élément non négligeable : son halo.

Directement autour de l’horizon des évènements, la gravité reste si forte que la matière est tiraillée de toute part, disloquée, donc elle surchauffe.
Elle atteint alors une température au-delà de l’état gazeux et devient ce que l’on appelle du plasma et forme le halo de l’horizon des particules, point en-dessous duquel les particules de matière finiront par être aspirées.

Au-delà de cette distance, je vais te casser une image pré-conçue: un trou noir n’est pas un ogre de l’Univers, aspirant toute la matière comme par magie.
Hors de l’horizon des particules, il répond aux mêmes règles de gravitation que n’importe quel autre corps céleste.

Si le soleil était remplacé par un trou noir de même masse, nous ne serions pas aspirés, non, nous aurions la même orbite.
Car au final, vu que nous sommes hors de la partie la plus pentue du trou noir, que ce soit une boule géante ou un point, c’est toujours la masse et la distance à laquelle nous nous trouvons qui détermine notre orbite et non le volume de l’astre.
Mais le diamètre de son horizon des évènements serait ridiculement petit : 6km seulement.

Les trous noirs sont le cadavre cosmique d’une étoile massive, lorsque qu’elles ne ne transforment pas en supernova, la gravité fait s’effondrer l’astre sur lui-même, puis sur ses débris, puis sur les débris de ses débris jusqu’à ne former qu’un point.

Mais seules les étoiles d’une masse supérieure à 10x la taille du Soleil sont susceptibles de muter en trou noir à leur mort.

Tu as maintenant les outils pour comprendre la gravité, tu as les règles de base de la danse céleste des astres.

En impesanteur

Toujours là ? Pas trop perdu ?

Une petite précision autour de la gravité puisque je parlais de l’ISS tout à l’heure.

Tu comprends bien que si l’ISS et la Lune sont dans le cône de gravité de la Terre, il n’y a pas de phénomène magique qui fait flotter les astronautes dès qu’ils sortent de l’atmosphère ?

Alors pourquoi on les voit flotter dans l’espace ?
C’est là la différence entre gravité et pesanteur.

Déjà, cela n’a rien à voir avec le fait d’être dans l’espace, aussi étonnant que ça puisse te paraître.

On sait tout à fait reproduire le phénomène dans l’atmosphère terrestre. Tu peux toi-même le vivre un jour, dans un ascenseur, même si je te le souhaite pas vraiment.

Ils flottent dans la station spatiale car ils tombent autour de la Terre à la même vitesse qu’elle. Oui ils tombent en permanence.

On va refaire une petite expérience de pensée.
On revient sur Terre et on va reprendre une balle, de tennis allez, pour changer. Tu la lances un peu loin.
Elle va alors décrire une courbe jusqu’à tomber au sol. Si tu la lances plus fort, elle va tomber plus loin.

Au lieu d’une balle de tennis, imagine un boulet de canon, dans un canon surpuissant. Tu allumes la mèche et BAM, le boulet part à plusieurs dizaines de kilomètres.

Comme la Terre est une sphère, avec la courbure, le sol paraîtra un peu plus bas à l’arrivée qu’au départ.

Imagine maintenant que le canon est encore plus puissant. Si la vitesse est bonne, à l’endroit où le boulet aurait dû rencontrer le sol, il n’y aura pas de sol, donc il va continuer à chuter, mais le sol sera toujours trop loin et le boulet continuera à chuter vers un sol qui se dérobe sous lui.

Voilà en substance ce que fait la station spatiale internationale, ainsi que tous les satellites, naturels ou artificiels. Ils chutent vers un sol courbe qui se dérobe en permanence sous eux et qu’ils ne percutent jamais.

Cela n’explique pas directement le fait que les astronautes semblent flotter dans l’espace, c’est simplement une autre façon de voir la gravité. Mais j’y viens.

Ce qui fait qu’ils donnent l’illusion de ne pas être soumis à la gravité, c’est le fait que le seul repère qu’ils ont, et que tu as, c’est l’ISS.
Et comment ils partagent la même vitesse, ils ne sont collés à aucune paroi.

Si un jour tu venais à être dans un ascenseur dont les câbles lâchent, en chute libre totale, tu serais toi aussi en train de flotter dans l’ascenseur comme un astronaute. Je ne te le souhaite pas... ce serait une carrière d’astronaute assez courte.

On sait le reproduire de manière bien plus contrôlé avec les fameux vols zéro G.
Avec des avions un peu modifiés pour pouvoir foncer vers le sol à la vitesse de la chute libre, cela permet aux occupants de flotter à l’intérieur de la cabine, pendant quelques dizaines de secondes, comme les astronautes…
Et cela jusqu’au moment où le pilote décide de remonter pour éviter de s’écraser au sol.

C’est le même type de phénomène que celui qui te colle au fond du siège de ta voiture quand tu accélères, celui qui te projette en avant quand tu freines ou qui te fait bouger à droite ou à gauche dans les virages.

C’est l’accélération. Ou dans le cas de l’ISS, l’absence d’accélération.

Pour finir, je vais te réconcilier avec les ascenceurs : Tu as déjà dû ressentir une petite sensation de légèreté au moment où l’ascenseur dans lequel tu es termine son ascension et s’arrête à l’étage que tu lui as indiqué.

Dis toi qu’à chaque fois que tu ressens ça, tu es un tout petit peu comme un astronaute.

Au-dessus de toi, autour de toi, se produisent seconde après seconde tous ces mouvements gracieux et impressionnants.

Les astres font les équilibristes sur leur orbite, avec une fragile proportion entre vitesse et gravité.
Les trous noirs sont les magiciens, jouant avec la lumière et les éléments pour les manipuler et les faire disparaître.
Même les astronautes de l’ISS participent à la représentation et font une danse synchronisée avec la station spatiale.

Le ciel est donc le plus majestueux des spectacles de cirque.

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La fin des temps

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Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Travel By Moonlight” r.roo (Nothing) 2014 Abstrakt Reflections
  • “Lonely Star” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records
  • “Espérance Délaissé” Asceptic Siliceum (Chaotic Paths) 2019 Abstrakt Reflections
  • “Sick Times” Boards Of Canada (Tomorrow’s Harvest) 2013 Warp Records
  • “Quaoar” ASC (Trans-Neptunian Objects) 2017 Auxiliary
  • “Starman” David Bowie (The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars) 1972 RCA

Les artistes

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Texte de l'épisode

Seul sur ta plage à l’odeur doucement iodée, avec le ciel qui éclaire les timides vagues de cette mer calme, tu es comme hors du temps.

Tu regardes au loin, hypnotisé par ces ondulations étoilées venant du large qui s’échouent à tes pieds.

Un tel calme, une telle beauté.

On a l’impression que cela a toujours été, et sera ainsi à tout jamais.

Mais on a vu ensemble comment l’univers a débuté, comment une galaxie se forme, comment une étoile naît et comment la Terre et la Lune se sont créées.

Et comme tout ce qui est naît, un jour tout cela doit disparaître.
Il faut bien permettre la naissances d’autres étoiles et d’autres planètes.

Tout cela, tout ce que tu sens, vois, entends , aura un jour une fin.

Rassure-toi, nous ne connaîtrons jamais ces moments, ni nos enfants ni leurs enfants, ni leurs arrières arrière petits-enfants.

Si je te dit que le Soleil, et donc la Terre, sont à la moitié de leur vie, cela peut paraître inquiétant.
Mais c’est parce que le temps à l’échelle de l’Univers est d’un ordre de grandeur si gigantesque que nous sommes dans l’impossibilité de pleinement intégrer ce que cela représente.

La Terre date d’il y a 4.5 milliards d’années.
L’âge de l’humanité, si l’on prend en compte le plus ancien ancêtre, l’homo habilis, date d’il y a seulement 2,8 millions d'années.

La Terre est donc mille fois et demi plus vieille que l’humanité.

Même présenté comme cela, ces durées sont difficilement compréhensibles alors je vais essayer de te donner une idée en ramenant tout ça à des durées plus humaines.

Une vie humaine c’est autour de 80 ans, arrondissons ça à 100 ans, pour en simplifier le calcul.
Imaginons que cette existence s’écoule désormais en 1 seule seconde.

1, naissance
2, décès
1, naissance
2, décès
1, naissance
2, décès

A cette échelle :
la révolution française c’était il y a 2 secondes et 3 dixièmes.
les grecs nommaient les constellations il y a environ 25 secondes,
les égyptiens construisaient les pyramides il y a 45 secondes.
L’humanité, quant à elle, a démarré il y a 7h46 minutes et 40 secondes,
la fin des dinosaures, c’était il y a une semaine et demi,
l’apparition de la vie, il y a environ 1 ans, 1 mois et quelques jours
la Terre a été créée il y a environ 1 an, 5 mois et une semaine
le soleil, lui, il y a 1 an, 5 mois et deux semaines
l’univers quand à lui est apparu il y a 4 ans et 4 mois

Voilà des durées que l’on est mieux en mesure de comparer entre elles, même si la portée réelle de ce qu’elles représentent nous dépassent encore un peu.

Mais cela permet déjà de remarquer que la formation de la Terre a été quasiment immédiate un mois, à notre échelle, après la création de notre étoile.

De même, la vie est apparue, toujours à notre échelle, 4 mois après la formation de la Terre.

À défaut de prouver que la vie est quelque chose de répandue dans l'univers, c'est en tout cas le signe que dans de bonnes conditions, elle se développe de manière suffisamment importante pour que nous en ayons détecté les vestiges, à notre époque.

Lorsque les conditions sont réunies :température, eau liquide, etc, Il n'est donc pas impossible que la vie soit en fait quelque chose de répandu dans l’univers,

Quand je parle de vie, je ne parle pas forcément de forme de vies intelligentes capables de conquête spatiale. Je parle de cellules, ou d’êtres peu complexes.

Pour le reste, il est difficile de s’avancer, de tirer des conclusions puisque nous n’avons qu’un cas à notre disposition pour en étudier les principes, le nôtre.

Fin du système solaire

Abordons, si tu le veux bien, la fin de la Terre.

Le destin de la Terre est, comme il l’a toujours été, lié à celui du Soleil

La mort du soleil est prévue donc pour dans 5.4 milliards d’années, soit 1 an et 8 mois, avec notre échelle.

Notre soleil est, depuis sa création, le lieu d’une lutte constante entre l’explosion permanente due à la fusion, qui a tendance à vouloir faire gonfler le soleil, comme toute explosion, et la gravité, liée à la masse des éléments qui composent le soleil, qui tend à vouloir le faire s’effondrer sur lui-même.

A l’heure actuelle, cette lutte est parfaitement équilibrée. C’est logique en un sens… Si elle ne l'était pas, nous ne serions pas là, en train d’en parler.

Mais cet équilibre va un jour se rompre.
Lorsque l’hydrogène nécessaire à la fusion viendra à manquer, la fusion au coeur de notre étoile va ralentir.
La gravité va donc prendre temporairement le dessus, écrasant le coeur de notre étoile sur lui-même.
Cela aura comme effet d’en augmenter la température, notamment à la surface du Soleil. Comme elle est composée de gaz, ce dernier va alors se dilater.
Le soleil va donc gonfler tel un ballon.

Il va graduellement passer d’un diamètre d’un million de kilomètres à 100 millions de kilomètres, devenant ainsi une géante rouge.

Sur Terre, le soleil ne sera plus le disque blanc que l’on peut cacher avec son pouce.

Il remplira alors le ciel d’une couleur rouge sang qui chauffera la Terre jusqu’à atteindre plusieurs milliers de degrés.
Les océans seront alors asséchés, la croûte terrestre sera transformée en lave rougeoyante .

L’étoile continuera doucement à gonfler jusqu’à atteindre 300 millions de kilomètre de diamètre, un rayon d’une unité astronomique, engloutissant alors la Terre et la Lune.

Peu après avoir englouti la Terre, la fin sera très proche pour le soleil.

Alors que les réserves d’hydrogènes seront épuisées totalement, c’est l’hélium qui commencera à être utilisé pour la fusion et cela génèrera du carbone.
Ce nouveau type de fusion créera alors des explosions d’énergie ultra-violentes qui se transmettront jusqu’à sa surface.
Cette dernière s’envolera alors partie par partie formant un nuage de matière, une nébuleuse.

Ce nuage contient ces fameux éléments lourds qui vont dériver à des vitesses atteignant pour les supernové 30% de la vitesse de la lumière et qui vont permettre de former d’autres systèmes, d’autres planètes, d’autres êtres vivants, possiblement.

Mais cela ne sera pas une supernova, non. Notre soleil n’est pas assez massif.

Notre étoile se sera pas complètement détruite. En son centre, il restera un coeur dense et brillant, générant une chaleur intense, une naine blanche.

Ce cadavre d’étoile va alors lentement se refroidir.
De la même manière qu’une boule de métal chauffée à blanc qui perdrait de sa luminosité en se refroidissant, il va briller de moins en moins jusqu’à devenir une naine brune puis une naine noire, en théorie.

Car si l’espace est froid, il ne conduit pas la chaleur. Cette dernière ne peut donc s’évacuer que par rayonnement, ce qui est très long.

C’est si long que l’univers n’est pas assez vieux pour que l’on ait pu observer une naine noire. Elle restent donc une théorie.

La vie de l’Univers

Et la fin de l’Univers ? Elle est prévue pour quand et comment cela se passera ?

Avant de parler de sa fin, il faudrait commencer par t’en détailler le début.

Le néant originel

Avant l’univers, il n’y avait rien. Pas juste l’absence de quelque chose, mais le néant.

Pas de règles de la physique, pas de matière, pas même de vide, et pas de temps.
Il n’y faisait pas noir. il n’y avait pas de concept de couleur ou même de lumière.

Le rien total.

Si le néant est difficile à imaginer, l'absence de temps est étonnamment celle qui est le plus à la portée de nos esprits. Car elle a une logique.

Pour cela il faut déjà le définir. Alors, réfléchis bien, le temps, qu’est-ce que c’est ?
(laisser un blanc pour que les gens y réfléchissent)

Le temps est une continuité indéfinie, le milieu dans lequel se déroule la succession des événements et des phénomènes, il est composé d’une infinité de points repérables dans une succession continue.
De chacun de ces points, on peut faire références aux précédents par un concept que l’on nomme « avant » et les suivants par un « après ».

Sans événement, sans phénomène, sans mouvement quel qu’il soit, sans transfert d’énergie, le temps n’a plus d'existence.
Il ne relie plus rien ensemble dans une évolution, une continuité, car il n’y a rien à relier.

Tu te poses peut-être la question : “qu’est-ce qu’il se passerait si on voyageait dans le temps, revenant avant le Big Bang, mais avec une montre ?”

Outre l’aspect par définition absurde, apporter ce serait-ce qu’une montre c’est apporter avec soi le Temps.

Pas uniquement sa représentation, car une pile reste une réaction chimique, un ressort, de l’énergie stockée qui se transfère à un mécanisme. Tout cela ce sont des événements que l’on peut relier entre eux.

Alors si vous faites partie du voyage, imaginez un peu le nombre d’évènements que vous représentez.

C’est la même logique pour la différence entre le simple vide et le néant. Le vide est l’espace entre le non-vide, la matière par exemple. Sans rien, il n’y a pas d’entre-deux. Donc pas de vide.

Oui, c’est compliqué le néant.

Le Big Bang

Si je te dis “création de l’Univers”, tu as surement déjà en tête le Big Bang, le plus populaire (et le plus probable) des modèles cosmologiques.

La cosmologie c’est la branche de la science qui étudie l'Univers : son origine, sa nature, sa structure et son évolution.

il ne faut pas confondre la cosmologie et la cosmogonie, qui elle n’est pas basée sur la science mais sur des contes, des légendes, ou des textes sacrés.

Car évidemment, expliquer notre origine, savoir d’où l’on vient, a toujours été une préoccupation des humains, on en retrouve la trace dans toutes les civilisations, aussi loin que l’on puisse remonter.

On ne sait pas ce qui est la cause du Big Bang. On ne le saura probablement jamais vraiment. Mais on sait qu’il existe car si l’on inverse la direction de ce que l’on observe, tout semble se réunir en un point.

Et si l’on regarde au fond du fond des cieux, il y a ce fond diffus cosmologique, un rayonnement extrêmement homogène, présent dans toutes les directions.

C’est le fossile de l’Univers tel qu’il était il y a 380 000 ans après le Big Bang. Cela correspond à 1h sur notre échelle réduite. à comparer aux 4 ans et quelques qui nous séparent du Big Bang. C’est vraiment allé très vite.

L’Univers était alors mille fois plus chaud et un milliard de fois plus dense qu’aujourd’hui.
Les étoiles et les galaxies n’existaient pas encore.

Ce moment observable est le reste de l’époque où l’Univers est devenu suffisamment peu dense pour que la lumière puisse s’y propager.
Et c’est d’ailleurs pour cela que l’on ne peut observer quoi que ce soit avant ce moment.

Moins de 380 000 ans après le Big Bang, l’Univers était opaque, composé d’un plasma d’électrons et de noyaux atomiques. On pourrait presque comparer ça au coeur d’une étoile unique.

Il aurait pu devenir un énorme trou noir, avec toute cette matière réunie dans un si petit espace.
Mais comme tout était parfaitement homogène, il n’y avait pas de point vers lequel la matière aurait pu s’agglomérer en une singularité.

On était alors en présence d’une sorte de soupe cosmique, un mélange de protons, de neutrons et d’électrons. Dans les conditions qui régnaient dans l’Univers primordial, ce n’est que lorsque sa température est descendue en dessous d’un milliard de degrés que les nucléons ont alors pu se combiner pour former des noyaux atomiques. Il n’était cependant pas possible de fabriquer des noyaux atomiques lourds.

Ainsi, seuls les noyaux d’hydrogène, d’hélium et de lithium ont été produits lors de cette phase qui commence environ une seconde après le Big Bang et qui a duré environ trois minutes (pas sur une échelle réduite. Tout cela est en temps réel).

Remonter en dessous d’une seconde (toujours réelle) après le Big Bang a été difficile et c’est complexe à t’expliquer, mais sache que les scientifiques peuvent remonter jusqu’à 10^-43 secondes après le Big Bang.
0.1, c’est 10^-1. 0.01, 10^-2. Cela veut dire que pour 10^-43, il y a 42 zéros après la virgule.

L’Univers est donc né d’une explosion d’éléments quasiment instantanée où les températures ont atteint des valeurs ahurissantes.
Puis il s’est dilaté sous l’effet de l’explosion, s’est refroidi, laissant les éléments se transformer en atomes.
Il est ensuite devenu transparent pour devenir l’univers que l’on connaît aujourd’hui avec ses étoiles fusionnant de l’hydrogène et créant la matière qui nous compose.

La fin de l’Univers

Nous pensions il y a quelques décennies, que l’Univers devait, tel un ressort, perdre la vitesse initiale donnée lors du Big Bang et, par action combinée de la matière et de la gravité, réunir à nouveau tous les éléments en un point unique et disparaître. Le nom de cette théorie, c’était le Big Crunch.

Or, l’univers ne semble pas décélérer. Au contraire, son expansion s’accélère, sans que nous puissions déterminer pourquoi. On sait juste qu’il faut une grande quantité d’énergie. Et cette énergie, on ne sait pas ce qu’elle est, d’où elle vient, on ne sait même pas la détecter.

Quelque chose dont on observe les effets sans pouvoir l’observer ou en trouver l’origine, ça rappelle un peu le concept de matière noire.

Justement, on l’a appelée cette énergie inconnue “l’énergie noire”.
C’est une autre grande énigme scientifique de notre univers.
L’observation de l’expansion de l’univers nous indique sa présence, mais nous n’en connaissons rien de plus.

Mais ne pas la connaître ne nous empêche pas d’en déduire la suite probable des évènements.

Une théorie assez logique pour le destin de L’Univers est donc la mort thermique, ou Big Freeze.
.
Alors que l’univers s’étend, et malgré l’action de la matière noire, la matière prête à être fusionnée, à l’origine des étoiles, sera alors trop éloignée pour s’agglomérer et en former de nouvelles.
Plus aucune réaction ne sera alors possible, il ne restera donc que les naines blanches devenues brunes puis noires sous l’effet de leur refroidissement.

Cela marquera graduellement la fin de l’ère des étoiles, qui sera remplacée par celle des trous noirs, devenant les vestiges des étoiles de jadis.

Cette ère sera encore plus longue que la nôtre.

Mais même elle, aura une fin.
Les trous noirs émettent des rayonnements, ce qui les déleste peu à peu de leur masse, jusqu’à leur évaporation totale.

Lorsque le dernier trou noir aura disparu, l’univers n’aura alors plus aucune source de chaleur, sa température baissera donc jusqu’à atteindre le zéro absolu, température à laquelle il n’y a plus aucune excitation de la matière, plus un mouvement, même au sein des atomes.

Graduellement ce sera donc la fin, non seulement de toute vie possible dans l’univers mais, comme on l’a vu, sans réactions, sans transferts d’énergies, sans mouvement, ce sera aussi la fin du temps lui-même.

Rassurez-vous, cette mort thermique ne sera pas pour demain. Ni la semaine prochaine.

Ne serait-ce que l’arrêt de la création de nouvelles étoiles devrait prendre entre 1000 et 100 000 milliards d’années.

Si l’on reprend notre échelle réduite où 100 ans dure 1 seconde, et où l’univers s’est formé il y a 4 ans et 4 mois, cela équivaut à une fin de l’ère des étoiles prévue dans 316 à 31 600 ans. C’est dans très, très, TRÈS longtemps.

Les derniers rayonnements des trous noirs, sont tellement lointains, que même avec l’échelle réduite, c’est un nombre dont je ne pourrais te faire prendre conscience.

On estime qu’il faudra, en années réelles, 10^100 ans pour que cela se produise.
Un 1 avec 100 zéros derrière. Un milliards, je le rappelle c’est un 1 avec “seulement” 9 zéros derrière. C’est inimaginable.
(avec mon échelle c’est un 3 avec 90 zéros derrière)

Nous sommes donc au tout, tout début de l’histoire de notre Univers, dans une période d’activité fougueuse, la plus propice à la vie.

Conclusion Acte 1

Je t’avais promis, au tout début, que tu n’aurais pas de mot pour décrire ce que tu penses du ciel nocturne, de ce qu’il représente.

Mieux le comprendre n’a pas retiré sa magie, bien au contraire. Désormais tu sais qu’il y a là-haut bien plus que des jolis points brillants.

C’est parfois déroutant voir terrifiant, mais c’est aussi souvent harmonieux et majestueux.

Et encore, nous n’avons que survolé bien des aspects de notre Univers. Je ne t’ai pas parlé en détail des planètes de notre système solaire encore et tu te demandes peut-être si c’est aussi impressionnant, bien que ce soit plus proche de nous.

Ce sont des mondes fantastiques qui méritent autant d’attention que l’Univers en entier.
Mais ce sera pour une prochaine fois, un prochain voyage.

Garde les yeux plein d’étoiles. A bientôt.

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Acte 1 : De la Terre à l'Univers

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Cet épisode est une version complète et remasterisée de tous les épisodes de l'acte 1

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Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine
Voix de Carl Sagan : Quenton

Crédits musiques

Playlist Spotify : https://open.spotify.com/playlist/31GYYwJnI0MivT8KwAql0Z

  • “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records
  • “10” bvdub (Yours Are Stories Of Sadness) 2016 Self Released
  • “Morning Drops - Part 1” I AWAKE feat. BJÖRN BERGLUND (Mahiane - Oxycanta III) 2013 Ultimae Records
  • “Beyond Infinite” Ocoeur (A Parallel Life) 2014 n5MD Records
  • “Drowning In Darkness” T-N (V/A Snowflakes IV) Raumklaug Music
  • “Golden Times I” Ben Lukas Boysen (Golden Times I EP) Erased Tapes Records
  • “Parabolic View” Martin Nonstatic (Ligand) 2017 Ultimae Records
  • “Isolation” Warmth (Home) 2017 Archives
  • “Stasis Eject” 36 (Pulse Dive) 2015 3six Recordings
  • “Comet” Christopher Willits (Horizon) 2017 Ghostly International
  • “Unknown Presence” Solar Fields (Origin #2) 2010 Ultimae Records
  • “Cycloid” Arovane & Porya Hatami (C.H.R.O.N.O.S) 2019 Karlrecords
  • “Everlasting (Album Edit)” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records
  • "Frog" Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood Music
  • “Derelicts feat. Ester Nannmark” Carbon Based Lifeforms (Derelicts) 2017 Blood Music
  • “Be Life (James Murray Remix)” Anne Garner (Be Life Relived) 2016 Slowcraft Records
  • “Travel To A Human Heart” Strom Noir (Travel To A Human Heart) 2014 Sacred Phrases
  • “Nocturne 1” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2014 Ad Noiseam
  • “Nocturne 2” Ben Lukas Boysen (Gravity) 2014 Ad Noiseam
  • “Moll 6” Misantropen (Molltoner från Norrland 1 & 2) 2018 Nothern Electronics
  • “Revelación” Palmerainvisible (Infinita) 2017 Abstrakt Reflections
  • “Depth Lights” Asceptic Siliceum (Chaotic Paths) 2019 Abstrakt Reflections
  • “Scheming (remix by Hecq)” Lusine lcl. (Conversions) 2014 Ad Noiseam
  • “Travel By Moonlight” r.roo (Nothing) 2014 Abstrakt Reflections
  • “Lonely Star” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records
  • “Espérance Délaissé” Asceptic Siliceum (Chaotic Paths) 2019 Abstrakt Reflections
  • “Sick Times” Boards Of Canada (Tomorrow’s Harvest) 2013 Warp Records
  • “Quaoar” ASC (Trans-Neptunian Objects) 2017 Auxiliary
  • “Starman” David Bowie (The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars) 1972 RCA

Les artistes

Carbon Based Lifeforms : https://www.carbonbasedlifeforms.net/ - https://carbonbasedlifeforms.bandcamp.com/
BVDUB : http://www.bvdub.org/ - https://bvdub.bandcamp.com/
I Awake : https://www.discogs.com/fr/artist/811066-I-Awake - https://ultimae.com/ - https://www.discogs.com/fr/artist/228692-Mahiane
Ben Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com/
Ocoeur : https://www.ocoeur-music.com/
Martin Nonstatic : www.domrauschen.com/nonstatic - https://ultimae.com/artists/martin-nonstatic/
Warmth : https://archivesdubmusic.bandcamp.com/
36 : www.3six.net
Christopher Willits : http://www.christopherwillits.com/
Solar Fields : http://solarfields.com/
Arovane : http://www.arovane.net/
Porya Hatami : http://poryahatami.com/
Asura : http://www.asura-music.com/
ASC : http://www.auxiliarymusic.com/
Anne Garner : http://annegarner.com/
Strom Noir : http://stromnoir.blogspot.com/ - https://stromnoir.bandcamp.com/
Ben Lukas Boysen : https://benlukasboysen.com/
Misantropen : https://www.discogs.com/artist/6861573-Misantropen
Palmerainvisible : https://soundcloud.com/palmerainvisible
Asceptic Siliceum : https://soundcloud.com/redscape_as
Lusine : http://lusineweb.com/
Hecq : http://www.benlukasboysen.com/
r.roo : https://rroo.bandcamp.com/
Asura : http://www.asura-music.com/
Asceptic Siliceum : https://soundcloud.com/redscape_as
Boards Of Canada : https://bleep.com/artist/78-boards-of-canada
ASC : http://www.auxiliarymusic.com/
David Bowie : https://www.davidbowie.com/home

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L'horloge de l'Humanité

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Une co-production de

Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood Music
Avec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Overture” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records
  • “Back To Earth” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records
  • “Init” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood Music
  • “Phact” Qaett (Music For Quiet One) 2020 Fedbymachines Audio
  • “109 4 Red Calx[slo]” user48736353001 (4 Red Calx[slo]) 2015 Self-Released
  • “Particles V” Tom Adams (Particles) 2019 Moderna Records

Les artistes

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Texte de l'épisode

Salut à toi,

Si tu as lancé la lecture, c’est parce que tu veux continuer de te détendre en contemplant le ciel. Comme tu as raison. C’est l’un des plus beau spectacles qui existent.
C’est aussi le spectacle le plus ancien que l’humanité connaisse.

Je suis, moi aussi, tellement content que l’on reparte ensemble pour une nouvelle aventure.
J’ai plein de choses fascinantes à te raconter, mais avant tout, je vais te demander de te mettre en condition pour voyager avec moi dans l’espace et le temps.

Ce n’est pas compliqué, tu connais la méthode : pose toi confortablement, tu peux bouger si tu veux mais garde les yeux fermés.
Détends-toi, essaie de te concentrer uniquement sur ma voix.

Si tu t’endors, tant mieux, mais dans tous les cas, tu vas passer un moment agréable qui va recharger tes batteries.

Installé ? parfait. on va faire une respiration calme, toujours les yeux fermés.

Inspire (inspire)
Expire (expire)

On va planter le décor ensemble, je te guide et toi tu crées le monde autour de toi.

On va s’imaginer être sur la plage sur laquelle nous étions lors de notre dernière aventure.

C’est une plage isolée, couverte de sable fin, et cette nuit, la mer est calme.
On entend à peine les vagues qui s’échouent sur le sable doux.

Assieds-toi dans le sable et regarde autour de toi.

La plage forme un croissant à ta gauche et à ta droite, te protégeant sans restreindre la vue que tu as du ciel. Et quel ciel ! Plusieurs milliers d’étoiles percent la voûte célestes de leur lumières scintillantes.

En contrebas, la mer reflète ce spectacle et le fait danser avec les ondulations de l’eau.

Il fait bon, la nuit est douce et t’enveloppe d’une odeur doucement iodée.

Profitons-en un instant…

...

On est bien ici, non ?

Je te propose maintenant de t’imaginer t’allonger dans le sable, le regard perdu dans ce dôme étoilé.
Les yeux dans les étoiles tu enfonces doucement le bout de tes doigts dans le sable, puis ta main entiere et sent la douceur de la journée qui s’est accumulée dans les grains sous la surface.

Profite-en pour sentir le sable qui s’écrase sous ton poids, au niveau de ta tête, de tes épaules, de ton dos, de tes jambes, de tes talons.

Sent cette force à la fois douce et puissante qui te plaque au sol et te retiens de plonger dans cet océan infini d’étoiles.

Admire ce nuage lumineux qui barre le ciel d’un côté de la coupole céleste à l’autre, la Voie Lactée, la galaxie qui nous abrite. Souviens toi des légendes qui la décrivent.

Tu as déjà surement aussi en tête les images de notre dernier voyage.

Lorsque tu regardes les étoiles, maintenant, tu sais qu’il y a au loin, des trous noirs, des étoiles massives sans oublier, plus proches de nous, les planètes de notre système solaire.

Tu as peut-être toutes ces connaissances grâce à notre dernière aventure, ou alors tu es toi aussi passionné par le ciel et tu le savais déjà. Ou un mélange des deux.

Mais t’es-tu déjà demandé comment on le sait ? Comment sommes-nous passés d’admirer le ciel, voir le craindre, à le comprendre ?

Je te disais que nous ne sommes pas fait pour le comprendre intuitivement. Cela veut dire que sans outil intellectuel, sans la Science, nous serions probablement toujours des êtres superstitieux qui chercheraient des signes de leur avenir dans les cieux.

Nous sommes des êtres composés de poussières d’étoiles qui avons développé une méthode pour comprendre, prédire et au final, donner un sens à l’Univers.

En fait, génération après génération, nous sommes l’univers qui s’analyse et tente de se comprendre lui-même.

Je ne vais pas te faire un cours d’Histoire, non, on va juste faire un voyage assez court au sein des idées et de la vision que nos aïeux avaient du ciel, dans un ordre parfois décousu, temporellement.
Hé oui, tout le monde n’était pas toujours d’accord et certains avaient raison avant tout le monde, parfois par hasard, sans pouvoir encore en apporter la preuve.

Voilà l’aventure que nous allons vivre aujourd’hui.
C’est toujours un voyage dans l’Univers, mais cette fois nous voyagerons dans le reflet des yeux de l'Humanité.

GENERIQUE

Les jours

Imagine toi être l’un des premiers humains. Tu es toujours sur ta plage, mais maintenant, près de toi, d’autres hommes et femmes sont là, tous vêtus de peaux de bête.

Qu’est-ce que le ciel représentait pour ces premiers humains?
Avaient-il le loisir de penser à autre chose qu’à leur survie ? OU à l’inverse, avaient-t-ils plus le temps de contempler, voir d’essayer de donner un sens à ces milliers de feux follets qui semblaient changer de place à chaque nuit que la Terre donnait à ces 1ers Hommes?

J’aime à imaginer que chaque humain, au cours de son apprentissage d’une branche de la connaissance humaine, refait en accéléré le même parcours mental que l’humanité elle-même, utilisant les travaux de ses ancêtres comme un tremplin pour repousser à chaque génération la frontière de ce que l’on sait.

J’aime cette image car je la trouve bien plus respectueuse de nos ancêtres que de les imaginer idiots et de rire de leurs croyances, leurs erreurs de jugement.
Nos ancêtres n’étaient pas bêtes, ils étaient simplement innocents.

Si tu le veux bien, on va donc imaginer les premiers humains comme de jeunes enfants dans leur rapport au ciel.

Certaines pistes semblent indiquer qu’ils ont rapidement acquis quelques notions de base et établi des liens entre le Soleil, la Lune et certains phénomènes terrestres.

Ils auraient effectivement eu du mal à manquer l’alternance du jour et de la nuit, premier marqueur du temps qui passe.

De cette observation évidente, nous sommes héritiers d’un système de repère dans le temps qui n’a de sens que sur notre planète.
Même l’unité de base de la physique, la seconde, n’est qu’une division de ce premier cycle d'événement : un jour, divisé en deux douzaines d’heures, divisibles en 5 douzaines, 60 minutes, divisibles à leur tour par 5 douzaines, 60 secondes.

Evidemment, les premiers humains ne comptaient pas les secondes, mais lorsque tu regarderas ta montre, aussi évoluée soit-elle, dit toi que le temps indiqué dessus est arbitraire, hérité de l'observation la plus ancestrale qu’il soit.

Si on écarte les événements climatiques (pluie, vent, nuages) bien trop irréguliers, la différence est bien trop ténue d’un jour à l’autre pour en repérer un en particulier ou garder la notion du nombre écoulé depuis un événement.
Il est donc extrêmement compliqué de se repérer dans une période qui dépasserait quelques dizaines de jours.

Les mois lunaires
Avec juste un peu plus d’observation, on remarque vite le fait que la Lune passe d’un croissant à un quartier, puis à une pleine lune avant de réduire à nouveau. C’est un des phénomènes qui se trouve être les plus faciles à discerner.

On ne sait pas exactement quand les humains ont commencé à compter le temps qui passe avec la Lune. On a des traces qui montrent qu’au IIIe millénaire avant notre ère, les peuples d’Irlande savaient compter les jours qui composent les phases de la Lune. C’est à peu près le début des pyramides d’égypte, on est donc déjà loin des peaux de bêtes.

Il reste très probable que ce vestige soit simplement un des rares qui ait résisté à l’épreuve du temps. Rien ne permet d’affirmer qu’il soit le premier.

Avec un cycle d’environ 29 jours, la Lune est le parfait repère de longues durées. La preuve en est l’utilisation de l’expression “ des lunes” pour exprimer une période un peu longue.
“Cela fait des Lunes que les choses sont ainsi” est l’équivalent un peu désuet d’un bail ou d’une paye… tous des événements mensuels.

Avec ce compte, on peut alors construire un découpage qui permet de remarquer des cycles plus longs que l’on peut transmettre aisément.

Ce cycle lunaire est le prototype de ce que nous appelons aujourd’hui un mois.

“Le sage m’a dit qu’il faudra attendre au moins 5 lunes pleines avant que les arbres ne se couvrent de nouveau de fruits”
ou à l’inverse
“Le sage pense qu’il ne nous reste que 3 lunes pleines pour faire nos provisions avant le froid”

Ce lien entre la Lune et le changement de climat est encore bien ancrés dans les traditions humaines, surtout chez les jardiniers et certains agriculteurs mais soit il s’agit d’observations de la Lune qui permettent de juger du taux d’humidité de l’air ou qui permettent de compter un délai entre une date et une pleine lune, soit la science n’a pu vérifier la véracité de l’affirmation.

De ce proto-mois, la notion de ce que nous appelons aujourd’hui “saisons” a pu alors être déterminée.
Une période typiquement chaude avec un soleil plus haut, plus brûlant et présent longtemps, une autre typiquement froide, avec des journées plus courtes, chacune précédées de transitions annonçant la suite : Les feuilles tombent avant le froid, les fleurs sortent avant le chaud.

Évidemment, ce raisonnement n’est probablement pas celui d’un des premiers homo sapiens, il a fallu bien des générations, voire des mutations génétiques qui ont transformé l’Homme en ce que nous sommes aujourd’hui, et bien des observations, avant de comprendre que cette alternance des saisons est quelque-chose de régulier et donc prévisible.

Je sais que toi tu sais d’où viennent ces phénomènes, mais essaye de te mettre dans la peau de ceux qui l'ignorent. Tente de ressentir l’émerveillement de ce cycle magique de mort et renaissance de la nature.
Comprends aussi l’angoisse de ne pas savoir quand, voir si l’hiver va s’arrêter.

Avec la sédentarisation et l'agriculture qui nécessite de la planification, connaître quand nous sommes était crucial pour augmenter les chances de succès lors des récoltes.
Planter trop tôt dans l’hivers ou trop tard dans le printemps peut être catastrophique.

Si seulement il y avait un moyen de reconnaître le bon moment d’un cycle à l’autre, sans devoir se fier uniquement à la météo qui peut trop varier…

De cette logique ont émergé les premier calendriers, dont on retrouve la trace il y a plus de 5000 ans, que l’on nomme logiquement calendriers lunaires et qui sont encore utilisés dans certaines traditions, musulmane ou juive par exemple.

Comme il suit les phases de la lune, il ne comporte que 354 jours répartis en 12 mois et se décale légèrement d’année en année. Il faut donc, si l’on souhaite respecter les observations, parfois rajouter des mois supplémentaires pour conserver cette correspondance avec les saisons.

Les premier calendriers solaires

Les calendrier lunaires sont d’ailleurs souvent corrigés grâce au soleil
On parle alors de calendrier luno-solaire.
Au-delà de son apparition le matin et sa disparition le soir, nos ancêtres ont remarqué qu’au fur et à mesure de l’année, il était plus ou moins longtemps présent dans la journée et qu’il se levait moins à l’est lors des périodes froides que pendant les périodes chaudes, et de même, lors de son coucher, à l’ouest.

Sa position au lever ou au coucher, permet alors de mieux se repérer dans l’année.

De là sont nés les rites dits “payens”. On a commencé à célébrer le moment où les jours se mettent à rallonger, ou au contraire à raccourcir.

Certains scientifiques pensent qu’il s’agit du but de certaines des constructions les plus emblématiques des temps anciens, comme Stonehedge par exemple.
Les humains y fêtaient les rares jours où le jour et la nuit se répartissent équitablement, ce que l’on appelle les équinoxes.

Certains temples égyptiens auraient été orientés de sorte que, le jour de l’anniversaire du pharaon, le soleil se lève en étant parfaitement aligné avec l’entrée du temple, inondant de lumière le tombeau pour cette date importante pour le défunt.

Je pourrais te citer tellement d’exemples de constructions primitives qui n’ont de sens que 2 à 4 fois par ans, servant à repérer les humains dans le temps, dans le grand cycle des années.

Les égyptiens par exemple, les quatre points de repères que nous utilisons depuis toujours :
équinoxe de printemps : durée du jour et de la nuit identique, environ 12 heures ;
équinoxe d'automne : durée du jour et de la nuit identique, environ 12 heures ;
solstice d'hiver : la nuit est la plus longue de l'année et le jour le plus court ;
solstice d'été : jour plus long et nuit plus courte.

Il y a d’autres types de calendriers, et notamment le fameux calendrier maya que je ne vais pas détailler pour éviter de te perdre en explication.

Ce n’est pas que je te sous-estime, mais sache déjà que les Mayas utilisaient non pas un mais quatre calendriers :
Le premier est le “cycle divinatoire” avec un usage essentiellement religieux. Il est aussi appelé "almanach sacré", "calendrier magique" ou "calendrier rituel" qui comportait 260 jours
Le second est le "calendrier séculier", "calendrier civil" ou "calendrier vague", de 365 jours.
Le cycle sacré des 52 ans nommé "Compte calendaire " qui combine les deux calendriers précédents.
Le cycle long ou “compte long” qui, un peu comme le système julien, permettait de compter les jours de façon linéaire par rapport à une "date zéro". Ces jours pouvaient être comptés jusqu'à...23 milliards d'années.

Autant dire que je pourrais y passer beaucoup de temps et que ce n’est que l’un des multiples calendriers qui n’ont pas servi de fondation à notre calendrier moderne occidental.

Mais parlons plutôt justement du système julien:

C’est chez les romains, avec le calendrier julien, que l’on retrouve l’exemple le plus connu de calendrier purement solaire, qui remplaçait un calendrier précédemment lunosolaire.
hey tu sais pourquoi c’est le calendrier Julien ? Je suis certain que tu connais un certain romain prénommé Jules.

En 46 avant Jesus christ, à l’aide d’un astronome nommé Sosigène d’alexandrie, Jules césar décida de réformer le calendrier pour qu’il soit toute l’année en concordance avec les saisons.
L’année -46 est depuis lors nommée “année de la confusion” car elle ne comporta que 445 jours afin de préparer le début du nouveau calendrier.

On doubla le 24 février, sixième jour avant les calendes de mars, jour qui devint donc le bis-sextus ante calendas Martias, d’où les expressions année bissextile et jour bissexte.

L’année 45 avant J.-C. marque donc le début du calendrier julien, dans lequel la durée moyenne de l’année est de 365,25 jours

L’équinoxe de printemps fut fixé au 25 mars, le solstice d’été au 24 juin, l’équinoxe d’automne au 24 septembre et le solstice d’hiver au 25 décembre ; ces dates de début des saisons étaient en fait décalées d’au moins 1 jour avec la réalité astronomique.

Les mois de l’époque devraient sonner familier : Januarius Februarius Martius Aprilis Maius Junius September October November December

Seuls Quintilis Sextilis, respectivement juillet et août, ont été modifiés depuis.

La modification du mois d’Août est d’ailleurs due indirectement à une erreur humaine :
Les pontifes, ayant mal interprété l’édit de César, placèrent le bissexte tous les 3 ans pendant 36 ans, soit 3 jours de trop.
Auguste, pour corriger l’erreur, ordonna la suppression de toute intercalation pendant 12 ans (de 8 av. J.-C. à 5 apr. J.-C.).
Il en profita pour se conférer au passage le nom d’un mois (sextilis devint augustus, Août ).

En revanche, Quintilis est devenu lulius en l’honneur de Jules cesar. la lettre J est apparue au Moyen ge, ainsi Iulius est devenu Julius avec le temps, puis Juillet.

Imposé à tout l’Empire romain par la suite, le calendrier julien fut adopté par la chrétienté et resta en vigueur jusqu’au XVIe siècle.

Il continue toujours d’être utilisé par l’Église orthodoxe ; en 2000 ans d’utilisation, son retard sur le calendrier grégorien est actuellement de 13 jours.

Car l’année dite “tropique”, le temps que l’on met pour faire le tour du soleil et retrouver la position initiale de la Terre est précisément de 365,2422j et non 365,25J, soit une différence de 11 minutes par an, 3 jours pour 4 siècles.

D’où l’utilisation du calendrier grégorien qui est au final une amélioration assez mineure du calendrier julien : il décale les dates de 10 jours dès sa mise en place pour revenir à une situation initiale et en rendant certaines années non-bissextiles, il reste en adéquation avec les saisons.
Mais même ce calendrier n’est pas tout à fait juste : il comporte un excès de 3 jours en 10 000 ans sur l’année tropique.

Les heures

En plus de réunir les jours en mois et année, les humains, dans le but de tout maitriser, ont aussi travailler à découper les jours en sections égales : les heures.

Je ne pouvais pas éviter de parler des cadrans solaires : Tirés des gnomons, un simple bâton servant à indiquer l’heure, on pense qu’il s’agit ici aussi d’un des buts des obélisques. On retrouve en tout cas des traces de ces mesureurs de temps aussi loin que l’on trouve trace de calendriers, il y a environ 5000 ans.

Et aussi primitif que cette technologie puisse paraître, elle est tellement efficace qu’elle a été utilisée sur la Lune lors des missions Apollo, afin de pouvoir déterminer depuis un objet dont on connaissait tout (puisque nous l’avions fabriqué), les paramètres de luminosité d’un monde que nous découvrions, la Lune.

Cela sert grandement à l’organisation quotidienne d’une société. Imaginez donner rendez-vous à quelqu’un en vous basant sur rien de précis.

De même, la division du travail dépend aussi d’une mesure précise, comme les tours de garde par exemple.

On tire des romains encore une fois la majorité de nos codes qui ponctuent la journée.
L’après-midi leur est directement emprunté.

Eux aussi découpaient le cycle jour/nuit en 24 sections mais elles étaient inégales durant l’année. 12 pour la partie jour, 12 pour la partie nuit.

Au quotidien cette différence ne pose pas de problème particulier… sauf si on est garde de nuit : comme les romains découpent la nuit en quatre gardes de trois heures chacune, ces heures sont donc plus longues en hiver... brrrr j’espère qu’ils étaient bien couverts.

Et encore une fois, de cette base, nous avons perfectionné au fil du temps les mesures et la reproductibilité.

Cette mesure était tellement suffisante que ce n’est qu’au 14e siècle, avec l’avènement de l’horlogerie, que l’heure est découpée en sous-partie. Non, pas des minutes, les horloges n’étant pas si précises, on découpe l’heure en 2 à 12 parties, allant d’une précision d’une demi-heure à 5 minutes.
Il faudra attendre 2 siècles supplémentaires, au 16e siècle pour que le 60e d’heure, la minute, voie sa représentation communément affichée sur les cadrans.

Pourquoi 60, d’ailleurs ?
L’habitude du système sexagésimal (base soixante) vient des babyloniens, et a perduré pour la mesure du temps et des angles (minutes d’angle et secondes d’angle).
Cela a l’avantage d’être divisible par 12, ce qui rends simple la représentation sur le cadran d’une horloge et d’être encore divisible pour plus de précision.

Ce système est pratique, car le nombre soixante est un nombre peu élevé comportant 12 diviseurs, ce qui est énorme et facilite les calculs.

Cette division a donc été adoptée pour couper les minutes en secondes. Le mot « seconde » vient d’ailleurs du latin médiéval « minutum secunda », qui signifie simplement « minute de second rang ».

Bien évidemment, avec le temps et les avancées technologiques, nous avons coupé la secondes en subdivisions plus petites encore… tellement petite que nous sommes arrivés à mesurer la déformation de l’espace-temps. mais je t’en reparlerai bien plus tard dans ce voyage.

Voilà donc comment l’humanité s’est équipée pour des observations précises, nous avons complètement apprivoisé le ciel, son aspect cyclique, de jour comme de nuit.

Et maîtriser les jours, le temps, nous a graduellement aidé à observer et comprendre ce qui nous surplombe la nuit.

On a donc imaginé la Terre entourée du Soleil et de la Lune, le tout englobé d’une sphère composées d’étoiles, réglé comme un mécanisme horloger géant.

C’était simple et beau, un ballet rien que pour nous, un écrin pour les êtres exceptionnels que nous pensions être.

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La forme la plus parfaite

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Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood Music
Avec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Eistla” r beny (Eistla) 2018 Self Released
  • “Moraine” r beny (Eistla) 2018 Self Released
  • “Constituent Elements” Max Würden (V/A A Strangely Isolated Place/2019) 2019 A Strangely Isolated Place
  • “ Attached, Our Eyes Wide Open” Zinovia (The Gift Of Affliction) 2013 Tympanic Audio
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Texte de l'épisode

Introduction

Toujours sur la plage, bercé par la rythmique des vagues.

Tu sais maintenant comment l’humain a pu s’approprier le temps, en faire un outil de plus en plus précis, mais en gardant comme référence originelle le couvercle de la Terre.

Tu sais qu’en regardant le ciel, et le ballet des astres, nos ancêtres ont appris la notion de cycle temporels en remarquant des répétitions dans l’enchaînement des événements stellaires. Les jours, les mois, les années.

Mais que savaient-ils de la planète qu’ils habitaient ? En réalité, pas grand chose.

Avant que l'on commence, je souhaiterais que tu oublies cette idée que les générations qui nous ont précédés étaient des idiots, avec des croyances absurdes.

Pour beaucoup, les légendes étaient simplement de belles histoires qui proposaient une réponse poétique à des phénomènes dont personne ne connaissait l’origine réelle.

En fait, on peut même dire que ceux et celles qui nous ont précédés étaient même plutôt doués.
Un bon exemple, c'est que l'on peut voir la déformation des constellations au fur et à mesure des siècles tellement les cartes du ciel étaient précises.

Ils manquaient de connaissance, mais pas d'intelligence ni d’un sens aigu de l’observation.

On imagine souvent que nos ancêtres les plus lointains pensaient que la Terre était plate. Il n’en est rien.

Imaginer que nos ancêtres pensaient que la Terre est plate est en réalité une forme de propagande qui est apparu durant la Renaissance, afin de dénigrer ce que l’on nomme le Moyen- ge.
Cette période qui réunit des époques si différentes qu’il y a peut-être autant de différence entre l’humanité au début et à la fin de cet époque qu’il peut y en avoir entre la fin du moyen-âge et notre civilisation actuelle…

Tu veux une preuve ? Le globe terrestre placé dans la main de l’empereur Charlemagne qui signifie son pouvoir sur le monde est bien une sphère.

Maintenant que les idées reçues sont balayées, reprenons.

Nous n’avons en réalité que très peu de traces des premiers questionnements.
C’est vrai que c’est à la fois banal et tellement essentiel à la compréhension de notre place dans l’Univers.

Et il faut remonter tellement loin que les écrit finissent par manquer.

Et quand on remonte si loin, imaginer que les humain de l’époque se posent la question, c’est peut-être minimiser l’innocence de nos ancêtres.

Pourquoi chercher une explication à quelque chose que l’on a toujours eu sous nos pieds ?

Reprenons l’analogie de l’humain parcourant en accéléré le savoir accumulé de ses aïeux : Quand vous-êtes vous posé la question de la forme de la Terre de votre propre initiative ? Peut-être n’avez-vous pas eu le temps de vous la poser avant qu’on vous l’apprenne ?

A l’échelle de l’histoire de l’Humanité, ce n’est que récemment, vers -625 avant JC que l’on a des traces du questionnement-même de la forme de la Terre. C’est près de 1500 ans après les pyramides ! Cela ne veut pas dire que personne ne s’est posé la question, probablement juste que personne n’avait trouvé de réponse pertinente.

C’est le Mathématicien Thalès, oui celui du théorème avec les triangles, qui s’aventure à définir la Terre comme un disque plat, reposant sur un océan gigantesque. Mauvaise pioche, mais il a eu le mérite de se poser la question et de la noter.

Les ombres de la Terre

Sa réponse, le disque, est déjà bien plus avancée qu’il n’y paraît. Il n’a pas imaginé la Terre comme un plan infini, mais ayant une taille donnée.

Un peu plus tard ce sont Pythagore et Platon qui préfèrent imaginer la Terre comme une sphère... pour une raison plus philosophique que scientifique, la sphère étant une forme jugée plus rationnelle.

Platon disait à ses élèves “Ma conviction est que la Terre est de forme ronde au centre des cieux, et n’a donc besoin d’aucun air ou aucune force qui ne fasse office de support. Si un homme pouvait voler, haut au-dessus des nuages, la Terre ressemblerait à l’une de ces balles couvertes de cuir, parée de couleurs variées, ressemblant à celles que les peintres utilisent sur Terre et dont elles ne sont qu’en un sens les échantillons.”

Pour lui, tout était sphères et l’univers lui-même était aussi un globe
“Le créateur a fait l’univers sous la forme d’un globe, rond comme s’il sortait d’un tour de poterie, avec ses extrémités équidistantes en tout point au centre, de toute forme, la plus parfaite et la plus représentative du créateur.”

Ne rigole pas, toi aussi quand tu imagines le big bang, tu penses à une explosion sphérique au milieu d’un vide infini, or on a vu que ce n’est pas le cas.

Mais ce n’est que plus tard que l’on trouve la trace des premières preuves appuyées par l’observation, avec l’un des philosophes les plus observateurs et le plus prompt à tirer des conclusions de sa simple observation : Aristote.

Dans sa “théorie des choses naturelles”, expliquait que les choses lourdes tendaient à vouloir rejoindre le centre de l’univers (pour lui la Terre était au centre de l’univers, et donc les objets voulaient rejoindre le centre de la Terre car il était aussi le centre de l’univers). A noter qu’à l’inverse, l’air et le feu vont en sens inverse.

De cette hypothèse, il tira la conclusion que chaque point sur la Terre devait être attiré vers le centre.
Par conséquent, par la compression de la matière et par convergence, la forme de la Terre ne pouvait être autre chose qu’une sphère.
Ce qui, à son honneur, n’est pas si éloigné que ça de la réalité… si on imagine ne pas connaître les lois physiques dont nous disposons aujourd’hui.
Cela a en tout cas le mérite d’être vérifié par l’expérience, même si les raisons ne sont pas les bonnes.

Cette façon de faire avancer la science et d’avoir une théorie fonctionnelle malgré une hypothèse de départ erronée ou non expliquée par manque de connaissance est ce qui va malgré tout faire avancer la science.

Mais il a fait d’autres observations et hypothèses :

Par exemple, il remarquait qu’en voyageant de la Grèce vers l’Égypte , donc vers le sud, les constellations semblaient plus hautes à l’horizon, plus le trajet avançait.

Seule une surface courbe pouvait expliquer cette observation.

"D'après la manière dont les astres se montrent à nous, il est prouvé que non seulement la Terre est ronde, mais même qu'elle n'est pas très grande, car il nous suffit de faire un léger déplacement, vers le sud ou vers l'Ourse, pour que le cercle de l'horizon devienne évidemment tout autre. “
Quand il parle de l’ourse, il parle bien évidemment de la petite ourse, qui contient l’étoile polaire. C’est une ancienne façon d’exprimer que l’on va vers le Nord, et c’est tellement plus beau de dire que l’on va à l’Ourse.

Toujours avec autant de poésie, il continue :
(...) Ainsi, quand on suppose que le pays, qui est aux colonnes d'Hercule, va se rejoindre au pays qui est vers l'Inde, et qu'il n'y a qu'une seule et unique mer, on ne me paraît pas faire une supposition par trop incroyable."
Les colonnes d’Hercules sont le nom des montagnes qui bordent le détroit de Gibraltar. Il dit donc qu’il se serait pas une supposition incroyable que l’on puisse rejoindre l’Inde en traversant l’océan Atlantique.

Cela ne sera prouvé par l’expérience, dans notre civilisation occidentale en tout cas, que bien plus tard… Et pas tout à fait puisque il y a un continent inconnu alors entre l’Europe les les Indes.

Mais si l’humanité à cette époque ne peut voir la Terre depuis l’Espace, il y a un moyen d’apercevoir la forme de la Terre : indirectement, et grâce à la Lune.

Si tu es perspicace, tu auras compris que je parle des éclipses de Lune : ce moment où le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés et où l’ombre de la Terre est projetée sur la Lune.
A ne pas confondre avec les éclipses solaires, bien plus connues et majestueuses où la lune s’interpose entre le soleil et la Terre.

Aristote émit l’hypothèse suivante : "Lors des éclipses, la Lune a toujours pour limite une ligne courbe : par conséquent, comme l'éclipse est due à l'interposition de la Terre, c'est la forme de la surface de la Terre qui est cause de la forme de cette ligne"

En réalité, cela ne prouve pas complètement la rotondité de la Terre, mais cela prouve que seules deux formes sont possibles : la sphère ou le cylindre. (Le disque restant un cylindre peu épais).

Mais c’est grâce à Ératosthène, père de la géographie, que non seulement la preuve formelle de la rotondité de la Terre fut apportée, mais une approximation de son diamètre et son inclinaison par rapport à l’écliptique, le plan parcouru par le soleil dans le ciel.

L’histoire est connue, mais je te la raconte quand même au cas où :

Il avait remarqué que lorsque le soleil est au zénith, le jour du solstice d’été, il n'y avait aucune ombre du côté d'Assouan, au sud de l’Egypte, près de ce que l’on nomme aujourd’hui le tropique du Cancer.

En mesurant l'ombre d'un bâton planté à Alexandrie, au Nord de l’Egypte, sur les bords de la mer méditerranée, au même moment et en connaissant la distance qui sépare les deux cités, il déduit la circonférence de la Terre avec une précision assez étonnante : 39.375 kilomètres contre environ 40.000 kilomètres pour les estimations actuelles.

Par le même procédé, il a démontré l'inclinaison de l'écliptique sur l'équateur et il fixa cette inclinaison à, approximativement, 23° 51'.

L’expérience d’Aristote consistant à prendre le large depuis la pointe ibérique en direction des Indes nécessita presque 2 millénaires avant que l’expédition de Fernand de Magellan réussit la première circumnavigation.
(Magellan, en revanche non, il est mort en tentant de prendre d’assaut des populations indigènes dans le pacifique)

Si la Terre est ronde, il y a le cas de la sphère d’étoiles qui nous entourent et les études qui s’y rapportent.

L’une de ces discipline est étonnante dans une émission scientifique : nous allons parler de l’astrologie.
L’astrologie

Cela débute par un but relativement noble et assez utile : pour mieux pouvoir se repérer dans le ciel, au lieu de compter les étoiles indépendamment les unes des autres, on les a réunies en groupe aux formes diverses que l’on a nommées, Grande Ourse, Cassiopée, Pégase … Une sorte de moyen mnémotechnique, tout en rendant honneur à ses propres légendes.

Et il y a surtout le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer (ou le Scarabée, ou encore le Crabe), le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Serpentaire, le Sagittaire, le Capricorne (ou la Chèvre), le Verseau et les Poissons.

Ces 13 derniers signes ayant une particularité qui les unit : ces constellations sont toutes alignées sur une seule et même trajectoire que l’on appelle l’écliptique.

On l’a évoqué avec Ératosthène : C’est la trajectoire du soleil et de la Lune.

Et c’est cette spécificité qui permet de repérer et d’associer une constellation à une période et de donner naissance à l’astrologie et aux fameux signes du Zodiaque.

Comme il fallait 12 signes pour les 12 mois de l’année, on a donc abandonné la constellation du serpentaire et séparé l’année en 12 parts égales, et ce, quelle que soit la distance entre les constellations ou leurs tailles respectives.

Parce qu’en réalité, ne le dis pas trop fort à ceux qui aiment regarder l’horoscope, il n’y a tellement, tellement d’incohérences entre les observations astronomiques et les signes astrologiques…

Il y avait pour les grecs antiques, deux sciences complémentaires, la première est l'astronomie et la seconde l’astrologie.

Ptolémée, qui a écrit une des œuvres piliers de l’astrologie, le Tetrabiblos, les présentent en ces termes :

“la première, par le rang et l’efficacité, nous permet de connaître les positions relatives que le Soleil, la Lune et toutes les planètes adopteront à tout moment entre eux et par rapport à la Terre, du fait de leurs mouvements.
La seconde, par l’analyse des caractères naturels propres à ces configurations relatives, nous fait détecter les changements qu’elles provoquent dans le ‘contenu’ qu’elles englobent”

Mais ne soyons pas trop critiques vis à vis de nos ancêtres qui pourraient avoir l’innocence de chercher un sens au monde chaotique qui l’entoure… Tu n’as jamais lu ton horoscope ?

Mais en réalité ils n’étaient pas si naïfs que ça, même Ptolémée faisait la distinction entre la science “dure”, l’astronomie et la science dite “molle”, l’astrologie.

Il exprime clairement que l’influence du ciel n’est au final que très minime sur la Terre et que notre destin n’est pas gravé dans les cieux :

“Évitons de croire que tout ce qui arrive aux hommes est l’effet d’une cause venue d’en haut comme si, dès l’origine, en fonction de quelque irrévocable et divin décret, tout avait été réglé par avance pour chaque individu et se produisait par nécessité, sans qu’aucune autre cause soit en mesure d’y faire obstacle. En vérité, si le mouvement des corps célestes s’accomplit de toute éternité en vertu d’un destin divin et immuable… le changement des choses terrestres est, quant à lui, soumis à un destin naturel et variable, tirant d’en haut ses causes premières selon le hasard, ou par voie de conséquence naturelle”.

Mais l’astrologie n’a pas été complètement vaine, dans le sens qu’elle a donné une raison de plus à l’humanité de scruter le ciel et au final, d’une simple croyance ésotérique est issue le premier jalon de l’astronomie moderne.

Les observations mondiales

On a beaucoup parlé des grecs dans cette partie et c’est normal, ils ont posé tellement de bases dans l’observation de la coupole céleste, on l’a vu quand je t’ai raconté quelques légendes liées aux constellations.

Il est temps de tourner la page, et d’avancer sur le plan des connaissances et nous allons passer à la civilisation suivante dans la grande chaîne d’influence : les Romains.

Mais avant de passer à la suite, je voudrai te donner un point de vue un peu plus mondial sur l’avancé de la science au sens large :

Il n’y a pas des grecs intelligents et des sauvages autour, idem pour les romains. Ce qui est fascinant c’est que cette évolution se retrouve dans le monde entier, à diverses vitesses dans des champs particuliers selon les civilisations.

Je ne t’apprends rien en disant que nous utilisions des chiffres arabes, on t’a peut-être dit que ce sont les premiers à avoir imaginé le concept de zéro. C’est clairement eux qui nous l’ont appris, mais les mayas l'utilisaient bien plus tôt...

Les observations du ciel étant les mêmes pour tous (ou presque, les constellation changent bien évidemment selon les latitudes), on retrouve une logique similaire aussi bien en chine qu’en Amérique ou en Afrique.

Il y a cette idéalisme qui remonte aux Lumières qui souhaite nous relier aux grecs et au romains en occultant le fait que, lorsque les routes commerciales nous ont reliés ensembles dans ce continent d’Eurasie, nous avons échangé bien plus que des produits, mais aussi de la culture et des connaissances.

Et là où c’est triste en un sens est que, comme pour le moyen âge, cette illusion reste pérenne et il est même compliqué pour moi aujourd’hui de trouver des sources qui me permettraient de te montrer les évolutions qui ont eu lieu lors du moyen age ou les apports des pays plus lointains que le bord de la méditerranée.

Garde donc en tête que l’espace est le même pour tout le monde, la science aussi. Quelle que soit ton lieu de naissance sur notre cailloux cosmique.